JORDANIE
Madaba, le mont Nébo et la mer morte

Période-Durée : Octobre 2018 (1 jour et 1 nuit sur place).
Dernière mise à jour de l’article : Octobre 2024.
Voici le premier épisode de notre road trip en Jordanie.
Après 5 heures de vol, nous arrivons en début de soirée à Amman, la capitale jordanienne. Premier réflexe, acheter une carte SIM locale chez Zain et contacter le loueur de voitures Green Motion pour qu’il vienne nous récupérer à l’aéroport et nous conduise à son agence. Nous avons loué une Kia Picanto via Rentalcars. Pour toute la durée du voyage, cela nous a coûté 166 €. Alors oui, cinq dans une Picanto avec les bagages, c’était ambitieux 😅 mais ça c’est bien passé. Un peu limite toutefois sur les routes sablonneuses. Nous prenons donc possession du véhicule direction Madaba à 18 kilomètres. Le réseau routier principal est très correct, le GPS fonctionne et Google Maps nous guide. L’aventure peut commencer …🎒🥾
MADABA : LA VILLE DES MOSAIQUES
Après 30 minutes de route, nous arrivons au Mariam Hôtel (deux ⭐️⭐️ aux normes locales) : 160 € pour deux nuits en chambre familiale. Hôtel confortable et propre, un peu suranné, disposant d’une grande piscine et situé à proximité immédiate du centre historique. Une fois les bagages posés, nous flânons au hasard dans le quartier et trouvons sur notre chemin un petit resto où nous mangeons en terrasse notre premier shawarma. Il fait très bon. Les gens sont accueillants, nous demandent systématiquement d’où nous venons et nous remercient de visiter leur pays. Nous rentrons assez tôt à l’hôtel pour nous coucher car la suite du voyage s’annonce très dense.
Il règne à Madaba, la « ville des mosaïques », une atmosphère chaleureuse. C’est une ville de villégiature. Nous débutons la journée par un « petit » déjeuner jordanien sur le roof top de l’hôtel d’où la vue sur la ville est magnifique : au menu, labneh (yaourt nature avec huile d’olive et sumac), fromage grillé, makdous (petites aubergines farcies aux noix), tomates, concombres, pain pita et zaatar (mélange de thym, de graines de sésame et sumac). Nous voilà rassasiés.

Direction la vieille ville. Les mosaïques de Madaba sont très réputées et nous avons hâte de les découvrir… les enfants peut-être un peu moins. Nous débutons notre déambulation par la célèbre Eglise Saint Georges. Elle est mondialement connue pour abriter en son sein la plus ancienne carte de Jérusalem (VIe siècle) : deux millions de pièces de mosaïques représentent le delta du Nil, le Liban et la ville sainte (photo ci-dessous).

Surpris d’entendre sonner les cloches, nous nous dirigeons vers l’Eglise Saint Jean-Baptiste : encore de belles mosaïques et la possibilité de grimper au sommet du clocher pour contempler la ville et ses alentours ; nous sommes au carrefour d’Amman, de la mer morte et de la réserve du Wadi Mujib. Nous sommes ensuite allés à l’Eglise de la Vierge et des Apôtres qui abrite pléthore de mosaïques d’animaux, de fleurs et d’animaux domestiques.
Dernière étape, le parc archéologique de Madaba. Nous y découvrons plusieurs mosaïques graphiques, picturales, animalières. L’une d’entre elles, la représentation de Phèdres, a particulièrement retenu notre attention (photos ci-dessous).

Où manger dans le centre historique de Madaba ? Pause méridienne au restaurant Al-Mandi kitchen. C’est une petite auberge très simple et bondée de locaux. C’est généralement bon signe ! Nous commandons un énorme plat de riz Bukhari (assortiment de cinq riz différents) accompagné de cuisses de poulet (prix très abordable).
LE MONT NEBO
En début d’après-midi, nous prenons la voiture en direction du Mont Nébo qui se trouve à 8 kilomètres au Nord-Ouest de Madaba. Il nous faut 15 minutes pour arriver sur site.
Infos pratiques : tarif d’entrée du site : 3 JOD (entrée non inclue dans le Jordan pass). Ouverture tlj de 8h00 à 18h00. Parking gratuit.
En entrant dans le site, après la billetterie, nous tombons face à une pierre commémorative de 6 mètres de haut qui rappelle la visite du Pape Jean-Paul II le 9 mars 2000. Il est écrit en latin :
Unus Deus, Pater Omnium, Super Omnes
Cela signifie : « Un seul Dieu, Père de tous, au-dessus de tous, par tous et en tous ». A 130 kilomètres de Gaza, et au moment où les combats font rage, cette inscription a une résonance toute particulière.
Nous empruntons un chemin ombragé qui mène au sommet du mont. C’est du haut de cette montagne que Moïse aurait contemplé le pays de Canaan après avoir conduit les Hébreux hors d’Egypte :
« Ce même jour, l’Eternel parla à Moïse et dit : Monte sur cette montagne d’Abarim sur le mont Nebo, au pays de Moab, en face de Jéricho (…). Tu mourras sur la montagne où tu vas monter » (Deutéronome).
Moïse aurait été inhumé sur les flancs de cette montagne mais sa sépulture n’a jamais été localisée. Nous sommes sur un site chargé d’histoire où règne un calme absolu. C’est un lieu de pèlerinage commun aux trois grandes religions monothéistes : le christianisme, le judaïsme et l’islam. Du haut des 817 mètres de cette montagne, nous contemplons avec émotion la vallée du Jourdain, la ville de Jéricho et la mer morte. Par temps dégagé, il paraît que l’on peut même voir la Cisjordanie et Jérusalem mais le temps est malheureusement brumeux. Une table d’orientation permet de repérer les directions du lac de Tiberias, de Ramallah, de Béthlehem…

Au sommet du mont se trouve la « Basilique du mémorial de Moïse ». Elle abrite une immense mosaïque datant du VIe siècle et mesurant 9 mètres sur 3 ; des scènes pastorales et des tableaux de chasse sont représentés avec une grande finesse. On peut également voir une tombe vide qui symbolise peut-être celle de Moïse. A l’extérieur, de l’autre côté de la basilique, se trouvent les vestiges des fondations d’un ancien monastère. Nous passons devant un olivier planté par le Pape lors de sa visite officielle en 2000.
Nous quittons ce site avec émotion et prélevons un peu de terre qui nous sera malheureusement confisquée à la douane. Nous reprenons la route pour descendre par une route sinueuse vers la mer morte.
LA MER MORTE
Après 26 kilomètres, nous arrivons sur les rives de la mer de sel au moment même où le soleil se couche sur la Cisjordanie. Il n’y a personne. C’est assez impressionnant de considérer que nous sommes seuls à 400 mètres au-dessous du niveau des autres mers du globe.
Bon à savoir : l’accès aux rives de la mer morte est souvent privatisé par des hôtels pratiquant des prix que nous avons trouvé injustifiés. Système D… nous sommes descendus par nous-mêmes sur les plages de sel. Des jordaniens nous accueillent chaleureusement dans d’improbables cahuttes et pour 40 € nous avons pu bénéficier de l’accès à la plage, de la possibilité de se rincer en mode roots sous des containers, d’un bain de boue et d’une boisson.

Le moment est magique tant le calme règne. Un bain s’impose mais pas plus de 20 minutes à cause de la très forte salinité qui peut bruler la peau. On avait bien briefés les enfants pour qu’ils ne s’éclaboussent pas mais on apprend souvent davantage par l’expérience que par les conseils… Hugo a reçu quelques gouttes dans les yeux 😩. Rien de grave. Se baigner dans la mer morte, c’est échapper complètement à la pesanteur. En sortant, un jeune jordanien insiste pour nous badigeonner d’une boue noire qui aurait des propriétés hydratante et exfoliante. Elle sèche et craquelle sur notre peau et nous retournons dans l’eau pour l’enlever. Des douches improvisées sous des containers nous permettent de nous rincer. Après notre baignade, le soleil commence à décliner. Instant suspendu… Nous étions seuls au bord de la Mer morte pour assister à ce spectacle.



C’est de nuit que nous reprenons la route pour Madaba ; 37 kilomètres pas toujours bien fléchés nous séparent de l’hôtel. Sur le bord de la route, des jordaniens nous renseignent gentiment sur la direction à prendre. Une journée inoubliable s’achève.
Prochaine étape ?

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