RAJASTHAN
Pushkar, la ville sainte de l’Hindouisme
Voici le troisième volet de notre roadtrip au Rajasthan.

Il faut bien compter 3 heures de route pour aller de Jaipur à Pushkar mais le temps passé en voiture n’est pas du temps perdu. On se repose, on lit, on échange sur la suite du voyage, les enfants dorment et se disputent aussi un peu … Le pays défile sous nos yeux… magnifique !

Nous arrivons sans encombre à Pushkar. Encore une fois notre chauffeur a carrément assuré 👏. Changement de décor. Nous ne sommes plus dans une métropole mais dans une ville d’à peine 35 000 habitants. Nous descendons dans un hôtel simple et confortable, le Brahma Heritage pool with nature (40 € pour 2 chambres, petits-déjeuners compris). Il est à 15 minutes en voiture du centre ville. Les chambres sont propres et toutes situées au rez-de-chaussée à proximité de la piscine. Il fait plus de 35 degrés et un petit plongeon s’impose avant de partir visiter la ville. Je crois que notre guide et notre chauffeur sont également heureux de se reposer un peu. 💤
Pushkar, c’est la capitale de l’hindouisme et donc un haut de lieu de pèlerinage. On y compte plus de 400 temples ! Ici, tout est veg : pas de viande, pas de poisson, pas d’alcool. Nous marchons dans kharekhari road, une jolie rue où des vaches sacrées, et parfois même des taureaux, dorment à l’entrée des échoppes vendant des offrandes. Fait rare, la rue est piétonne et donc très calme. Seuls quelques scooters troublent un peu la sérénité ambiante.


On nous propose des poudres colorées, de l’encens, des roses et des soucis à 100 roupies pour offrir aux divinités. Autour de nous essentiellement des pèlerins. Il règne ici une grande ferveur. En pleine saison, il y a des hordes de touristes mais en cette période il n’y a vraiment pas beaucoup de monde et les lieux s’offrent à nous.

Nous arrivons à proximité du Temple de Brahma, l’un des grandes attractions de la ville. On nous invite à enlever nos chaussures. Notre guide reste à côté car il arrive qu’elles soient voiées (c’est le seul endroit où il prend cette précaution). C’est le seul temple au monde à être dédié à Brahma, le Dieu créateur. Nous montons un escalier de marbre assez raide qui mène au sanctuaire. Une fois passée la porte, interdiction formelle de prendre des photos (comme nous avons respecté la règle, vous ne verrez pas le temple sur ce blog mais c’est bien aussi de ne pas tout voir à l’avance). C’est vraiment un tout petit temple. L’autel central est grossièrement peint en bleu. On peut y voir une statue de Brahma. Elle est facilement reconnaissable avec ses quatre têtes qui symbolisent son omniscience. Les pèlerins font sonner une cloche pour effrayer les démons puis déposent des offrandes. C’est incroyable qu’un lieu cultuel aussi important soit aussi simple. Pour preuve de l’importance religieuse du lieu, on trouve des ex-voto un peu partout. Ici, nulle pagode gigantesque ou d’immense statue, juste un petit sanctuaire autour duquel les pèlerins déambulent tranquillement … toujours de gauche à droite dans le sens des aiguilles d’une montre 😉.
Nous sortons du temple pour nous diriger à pied vers les bords du lac sacré. Avec le soleil qui décline, la lumière devient orangée.

Nous enlevons nos chaussures pour accéder à un ghat, un des grands escaliers descendant vers le lac. Un brahmane nous bénit. Après nous être lavés les mains dans une coupelle remplie de pétales de roses, il nous fait réciter une prière dont nous ne comprenons que quelques mots : Brahma, Vishnu… Il nous appose ensuite une marque entre les yeux. C’est le fameux tilak qui symbolise le troisième oeil de Shiva. Le prêtre nous invite à fermer les yeux et à formuler un vœu, une prière… Ce n’est qu’ensuite que nous sommes autorisés à nous approcher du lac.





Des enfants jouent dans l’eau pendant que leurs parents s’immergent pour se purifier en récitant des mantras : « Le soleil est Brahma ». Nous sommes restés deux bonnes heures à marcher sur les berges du lac sacré. Des gens s’approchent timidement de nous pour nous prendre en photo mais la barrière de la langue nous empêche malheureusement d’échanger avec eux.
P’ti tip : pour voir un maximum de pèlerins s’immergeant dans le lac, allez-y aux aurores. Notre guide nous a aussi dit qu’il y a davantage de monde durant la mousson.


De retour à l’hôtel, le gérant nous demande où nous souhaitons dîner. Nous demandons si cela est possible sur le toit-terrasse. Il n’est pas vraiment fait pour cela mais, de la haut, la vue est magnifique sur la campagne environnante. Il accepte gentiment. C’est nuit de pleine lune, celle pendant laquelle ont lieu les mariages ; toute la soirée, nous serons bercés par la musique des célébrations. Notre guide boit du Royal Challenge, un whisky indien. Il nous propose un verre et c’est le début d’une soirée comme on les aime. Il nous explique le système des castes.
Le système des castes
La société indienne est hiérarchisée en quatre castes. On peut généralement identifier la caste dont relèvent les gens en fonction de la couleur de leur sari, longue étoffe que portent traditionnellement les hindous.
La caste la plus élevée est celle des brahmanes. On dit qu’ils sortent de la bouche de Brahma et sont détenteurs du savoir et de la tradition. Ils portent un sari blanc qui symbolise la pureté. Les guerriers portent un sari rouge. Ils sont les bras de Brahma. Les commerçants portent un sari vert et les intouchables, la dernière caste, un sari bleu indigo. Comme les parents de notre guide sont intouchables, il l’est aussi … et cela en dépit de toutes ses connaissances. Notre chauffeur, fils de militaire, est lui de la caste des guerriers. Toutes les castes ont quasiment les mêmes droits mais il est proscrit de se marier avec une personne d’une autre caste que la sienne. En Inde, les mariages sont arrangés et notre guide, qui doit se marier dans un an, ne sait toujours pas qui sera sa promise. Il n’est pas rare de croiser des hommes arborant de longues barbes, de belles moustaches, et des turbans de couleurs. Ce sont des sikhs. Ils n’appartiennent à aucune caste et font partie d’un courant religieux minoritaire.

La soirée se finit un peu plus tard que de raison mais nous avons beaucoup appris.
Nous quittons Pushkar vers 9h30 direction Udaipur. C’est la quatrième étape.

RAJASTHAN – ETAPE 4 : UDAIPUR
1 jour
Une 1/2 journée historique du royaume de Mewar, Udaipur se situe sur le versant des collines d’Aravalli dans la partie sud du Rajasthan. Au programme ? Se perdre dans le City Palace, le plus grand palais du Rajasthan, visiter le Temple Jagdish, se promener sur les rives du Lac pichola … et prendre un petit cours de cuisine chez l’habitant.
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