CAPPADOCE
Itinéraire de 4 jours entre histoire et nature

Durée-Période : 4 jours (août 2024).
Dernière mise à jour de l’article : Juin 2025.
Temps de lecture : 16 minutes.
C’est la deuxième étape de notre séjour en Turquie. Après une courte nuit de sommeil, nous quittons Konya et prenons la route en direction de la Cappadoce.

Sur le chemin, nous faisons une halte à Sulthanani pour visiter son célèbre caravansérail ; c’est une place fortifiée qui servait de halte sécurisée aux marchands qui parcouraient la route de la soie. Datant du 13e siècle, ce caravansérail est l’un des mieux conservés de Turquie. Quand nous y étions, il y avait un exposition incroyable de tapis Kilims des 18e et 19e siècles.


Infos pratiques sur le caravansérail : Entrée 60 TL / pers. (gratuit pour les enfants). Comptez 45 minutes pour la visite.
Où manger à Sulthanani ?
Nous choisissons de nous poser au Pide Salonu, un petit restaurant de rue sans prétention qui se trouve à 5 minutes à pied du caravansérail que nous venons de visiter. Un bon plan pour manger pas cher sur le pouce. Au menu : salades, pide, … (4€/pers. boisson comprise).

Après cette pause, nous reprenons la route en direction de la Cappadoce…
La Cappadoce est située au centre de la Turquie sur le plateau de l’Anatolie. C’est une région très riche historiquement et culturellement. Elle a été habitée par les perses, par les macédoniens, elle a été une province romaine avant de connaître la christianisation et les conquêtes ottomanes. Elle est mondialement connue pour ses célèbres « cheminées de fée » et ses nombreuses habitations troglodytes.
JOUR 1
Nous arrivons à Uçhisar. Cette ville est située juste à côté de Göreme mais est moins touristique et offre des solutions d’hébergement beaucoup moins onéreuses. Pour avoir visité les deux villes, on peut vous dire que Uçhisar et bien plus calme et authentique. Un peu fatigués par le voyage, nous consacrons l’après-midi à la seule visite de la citadelle de Uçhisar.

Appelé le Kale, la citadelle est le point culminant de Cappadoce (1 300 mètres). On voit ce promontoire rocheux à des kilomètres à la ronde. Il est constitué de tuf volcanique, une roche tendre qu’il est facile de travailler. Dès 1 500 ans av. J.-C., et pendant des siècles, le Kale a été creusé pour servir de refuge et de lieu de stockage aux populations locales. C’est vraiment unique. Sur l’équivalent de 20 étages, on peut voir des chapelles, des réfectoires, des appartements, des lieux de stockage. L’ensemble est fortement érodé. Ne vous attendez pas à voir autre chose que des ruines. On accède très facilement au sommet d’où l’on bénéficie d’une vue sur toute la Cappadoce.

Infos pratiques sur la citadelle : 250 TL / pers. Attention, à cause d’une inflation galopante, les prix annoncés dans les guides ne sont souvent pas les bons.
Où dormir à Uçhisar ?
La ville est grande et offre de nombreuses solutions d’hébergements de tous standing. Nous sommes au Kemal Stone House (55 € la chambre). Le petit-déj est inclu : buffet à volonté de crudités, de viennoiseries, humus, tsatsiki, olives…. Cet hôtel est vraiment un bon plan car il offre la possibilité d’accéder aux 2 piscines de l’hôtel Karlik evi, un établissement plutôt haut de gamme situé juste en face. Le gérant du Kemal Stone est très sympathique et vous renseignera en anglais sur ce qu’il y a à faire dans le coin (il est en lien avec les loueurs de montgolfières et les centres équestres si vous voulez comme nous faire une balade à cheval).

Où boire un verre à Uçhisar ?
Situé à proximité immédiate du Kale, le Dream of Cappadocia offre une vue imprenable sur les vallées environnantes. C’est un endroit lounge très instagrammable où l’on peut boire et manger sur des coussins bercés par des notes de musique traditionnelles.
Où manger à Uçhisar ?
Nous avons testé quatre restaurants :
Le Sakli Konak est particulièrement recommandé par les guides pour sa cuisine locale raffinée. Leur spécialité est le Potery kebab : de la viande de bœuf cuite pendant 5 heures dans un pot en céramique (680 TL). Tous les plats sont affichés entre 360 et 680 TL. La cuisine et le cadre sont très soignés.

Le Kadineli Restaurant est un vrai bon plan. Notre coup de ❤️. C’est un établissement coopératif tenu par des femmes de la ville. Il est encore peu connu. On y sert des plats typiques cuisinés finement pour un excellent rapport qualité-prix (tous les plats sont entre 150 et 360 TL). En comparaison, les petits restaurants touristiques pratiquent les mêmes prix mais n’offrent pas la même qualité. Au menu :
– Manti (raviolis traditionnels ) : 300 TL
– Yaprak Sarma (feuilles de vigne) : 150 TL pour 10 unités.
– Layana Sarma (feuilles des choux garnis de riz) : 150 TL
– Nevsehir Tava : 350 TL
– Kanak Cicegi Dolmasi (courgettes farcies) : 300 TL
– Salade : 70 TL
Bien que le BBQ House Restaurant soit référencé par les guides, il est sans grand intérêt et doit selon nous être évité (mauvais rapport qualité-prix).
Nous avons diné au Karlik Teras Café&Restaurant (petits prix pour des spécialités locales : gozleme, mantis… C’est un des restaurants-terrasses situés juste en face de la citadelle d’Uçhisar. C’est quand même sympa de manger le soir en face de ce promontoire rocheux magnifiquement illuminé. On vous le recommande pour manger simplement. Nous étions peu nombreux en soirée mais en journée le restaurant est bondé et est sans doute moins sympathique.


JOUR 2
Notre deuxième journée en Cappadoce s’est s’organisée en deux temps :
– Matin : Visite du musée en plein air de Göreme.
– Après-midi : Randonnée dans la Love Valley.
1°) Visite du musée en plein air de Göreme
Ce musée à ciel ouvert, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est l’un des spots les plus prisés de la région. A visiter absolument ! Un peu d’histoire pour mieux comprendre… A partir du IVe siècle, des moines chrétiens se sont installés ici en recherche de quiétude. On peut voir des églises et des chapelles troglodytes dont les fresques disent la vie de Jésus. Les cheminées de fée ont été creusées pour accueillir des réfectoires, des cuisines, des lieux de stockage… L’Eglise de la Boucle abrite une magnifique fresque de la crucifixion. Dans l’Eglise à la sandale se trouve une empreinte de pied attribuée à Jésus mais j’ose à peine dire qu’avec l’affluence nous ne l’avons même pas vue 😌. Dans l’Eglise du serpent se trouve une magnifique fresque de Saint Georges terrassant le dragon. Il y a aussi l’Eglise de la pomme et bien d’autres encore que l’on vous laisse le soin de découvrir.



Infos pratiques : Entrée à 20 € / pers. ; 20 min. à pied de Göreme (1,5 km.). Ouvert de 8h00 à 17h00 (derniers billets vendus à 16h15). Venez de bonne heure car il y a vraiment beaucoup de monde pour visiter ce spot.
2°) Randonnée dans la Love Valley… un bon moyen d’échapper à la foule
Le parc national de Göreme offre de nombreuses possibilités de randonnées. Nous partons en début d’après-midi (pas forcément l’idée du siècle 🥵) pour faire la boucle « Göreme – Love valley – White valley – Uchisar Castel – Pigeon valley – Göreme ». Il est très simple de la faire en autonomie grâce à l’application AllTrails.

Infos pratiques : Le parcours fait 11,8 kilomètres et présente un dénivelé de 370 mètres ; durée : entre 3h00 et 3h30 ; difficulté modérée ; prévoir min. 1,5 litre d’eau / pers. ; prendre de la crème solaire et de quoi se couvrir la tête car le soleil cogne sur les roches blanchies et il n’y a pas d’ombre.

Cette randonnée est vraiment géniale et les enfants ont adoré. Le circuit fait une boucle qui nous ramène à l’endroit où nous avons garé la voiture. C’est commode. Sur le chemin, quelques marchands ambulants proposent des fruits pour se désaltérer. On commence la randonnée en longeant des vignes dont les raisins sont délicieusement sucrés. Dès la sortie de Göreme, on a une vue magnifique sur la vallée rose et sur la vallée rouge. On descend ensuite dans le canyon. On passe dans des tunnels creusés dans la roche et on aperçoit deci delà des habitations troglodytes. Les cheminées de fées sont immenses. Le passage par Love valley est inoubliable (il y a un petit café perdu au milieu de nulle part). C’est grandiose et nous étions quasiment les seuls sur le parcours. Après la Love valley, on passe par la vallée blanche et l’on revient vers Uçhisar et Göreme.





Tip : l’appli AllTrails s’avère vraiment utile pour suivre le chemin. Sans elle, nous nous serions perdus. Elle nous a dispensé de prendre un guide.
C’est la fin de notre deuxième journée en Cappadoce. Nous rentrons à l’hôtel pour profiter un peu de la piscine.
JOUR 3
Pour ce troisième jour en Cappadoce, nous nous rendons à Zelve pour visiter un village troglodyte puis nous allons à Avanos, une ville réputée pour ses artisans potiers.
1°) Petite halte impromptue dans la Sword valley
En direction de Zelve, entre Göreme et Çavusin, nous apercevons un spot magnifique où nous décidons de nous arrêter. C’est la sword valley. Elle n’est pas toujours bien référencée dans les guides touristiques. Nous garons la voiture sur un parking sauvage en bord de route puis partons pendant 30 minutes grimper sur des replis rocheux. La vue est magnifique. C’est une halte que nous vous conseillons.


2°) Visite du Monastère de Zelve
Entre le IXe et le XIIIe siècle, les chrétiens se sont établis à Zelve pour fuir les invasions perses et arabes. C’était à la fois une importante colonie chrétienne et un séminaire où l’on formait les prêtres. C’est en quelque sorte le berceau de la chrétienté en Cappadoce. L’ensemble des vestiges (monastère et habitations troglodytes) se répartit sur trois petites vallées qui se visitent très facilement. Nous passons au pied d’immenses cheminées de fée de plus de 12 mètres. On dit que le site a été habité jusqu’en 1952, date à laquelle les habitants ont été délogés pour des raisons de sécurité. C’est devenu aujourd’hui un véritable musée à ciel ouvert, un village fantôme figé dans le temps.

Nous passons devant l’église Direkli, facilement reconnaissable à ses magnifiques colonnes.

On peut également voir une petite mosquée creusée dans la roche et à l’intérieur de laquelle on distingue très nettement un mihrab creusé dans la roche volcanique. Le minaret, en forme de baldaquin avec quatre colonnes, est caractéristique de la première période ottomane.
On peut entrer librement en mode urbex dans la plupart des habitations troglodytes. Certaines sont fermées pour cause d’effondrement. Les cuisines sont facilement identifiables à la noirceur des plafonds. Dans une des cavités, on peut voir une meule de 500 kilos et de 1,5 mètres de diamètre qui est restée sur place depuis des siècles. Sur le sol, on aperçoit encore des trous dans lesquels le raisin était foulé.


En levant la tête, on aperçoit des trous dans les parois rocheuses. Ce sont d’anciens pigeonniers qui permettaient de récolter les fiantes des oiseaux pour fertiliser les sols. Dans d’autres murs situés très en hauteur, on aperçoit également de fines ouvertures verticales qui sont d’anciennes ruches.

Infos pratiques : la visite du site se fait suivant un parcours très facile de 1,5 km (prix d’entrée : 13 € / pers. en août 2024). Le site se trouve à 10 km de Goreme et à 3 km d’Avanos. Ouvert tlj de 8h à 19h (17h d’octobre à mars).
3°) Visite du village d’Avanos
Avanos est une ville assez grande mais le centre ville historique est relativement petit. Pour s’y rendre, il faut garer la voiture et franchir à pied le Fleuve rouge qui coupe le village en deux. Les berges ombragées sont très agréables et les habitants apprécient leur fraîcheur. Il y a là de nombreux vendeurs de glaces et de boissons fraîches.

Ce village est célèbre pour ses potiers et c’est sans doute là son principal intérêt. Si vous avez des enfants, ils adoreront créer leur propre poterie chez Bircan (150 TL / enfant – établissement situé 30 mètres à droite après avoir passé l’arche du village). L’établissement est en sous-sol. Le gérant parle français et est très sympathique. Les enfants peuvent au choix créer un bol, une tasse ou toute autre objet en actionnant avec leur pied le plateau tournant.




Les enfants sont fiers de leur production et nous allons boire un verre dans le café situé en face du potier. Nous achetons quelques graines séchées chez un marchand de la vieille ville. Graines de courges, de tournesol, de pois chiches, noyaux d’abricots… on goûte tout. 😋

C’est la fin de notre troisième journée en Cappadoce. Nous rentrons à l’hôtel pour profiter de la piscine.
JOUR 4
La matinée est consacrée à la visite de la cité souterraine de Derinkuyu. L’après-midi, Anaïs et Margaux ont réservé une balade à cheval et les garçons vont chiller au bord de la piscine.
1°) Visite de la cité souterraine de Derinkuyu
Derinkuyu signifie « puits profond ». C’est dans cette ville que l’on peut faire la visite très atypique d’un immense complexe souterrain d’habitations creusées à partir du Ve siècle avant J.-C. Des deux cents villes souterraines découvertes en Turquie, Derinkuyu est la plus grande ouverte au public. Elle a servi de refuge aux grecs chrétiens contre les romains puis contre les ottomans. Les cavités ont été occupées jusqu’au XXe siècle avant d’être abandonnées lorsque les grecs furent expulsés de Turquie. On descend par d’étroits passages sur 8 niveaux à 85 mètres de profondeur. C’est un immense dédale d’escaliers, de bergeries, de réfectoires, de lieux de stockage et de cuisines dans lesquelles pouvaient vivre en permanence jusqu’à 3 000 personnes avec bétails et réserves de nourriture. En cas d’alerte, jusqu’à 10 000 personnes pouvaient se réfugier ici sur de courtes périodes. Aujourd’hui, seul un dixième 10% de la cité se visite. Claustrophobes s’abstenir. Sur certains passages, on progresse accroupis à la lumière des portables. Difficile d’imaginer comment la vie pouvait s’organiser ici. On a pu observer de grandes pierres circulaires qui permettaient d’obstruer les galeries en cas d’invasion. Il y a de grands puits qui servaient de cheminées d’aération. Il y a même une pièce voûtée qui faisait office d’école religieuse. Le tunnel du troisième niveau rejoignait sans doute une autre cité souterraine distante de 9 kilomètres.


Infos pratiques : 13 € / pers. en août 2024 (45 min. de visite). Le site se situe à 40 minutes en voiture de Uçhisar (le parcours se fait sur des routes secondaires en assez bon état). Prévoyez un vêtement chaud car il fait plutôt frais sous terre. Même si les cavités sont éclairées, une lampe frontale peut être utile pour certains passages.
Tip : Nous n’avons pas opté pour le Green Tour et c’est peut-être une erreur. Pour 50 €, vous avez l’entrée à Derinkuy ainsi qu’à d’autres sites. Vous bénéficiez en plus d’un transport privé, du déjeuner et d’un guide. C’est un aspect à creuser. Sans doute intéressant sans location de voiture…
2°) Balade à cheval
Durant l’après-midi, Anaïs et Margaux partent pour une balade à cheval dans les vallées rose et rouge. Cavalières confirmées, elles ont opté pour un tour privé afin de pouvoir monter plus librement. Prix : 100 € pour 2h30 avec Chloé Buisson, une accompagnatrice française très sympathique.


JOUR 5
Le survol en montgolfière du site de Göreme est un must qui se paie très cher. Les prix sont cotés sur un black market et varient au cours de la journée en fonction de l’offre et de la demande des billets. De plus, les prestataires augmentent les prix pour compenser les jours où le vent les a empêchés de travailler. Après trois jours de vent qui ont cloué les montgolfières au sol, on nous annonce 300 € par personne pour un vol de 50 minutes 😱. Nous renonçons et nous rabattons sur un plan B… monter à cheval sur les contreforts de la vallée et grimper suffisamment haut pour observer le décollage des montgolfières au-dessus du site de Göreme. Franchement, ça vaut le coup d’œil.

Infos pratiques : Pour faire la balade à cheval, nous nous sommes levés à 4h30 du matin. Le prestataire est venu nous chercher en van à notre hôtel pour nous mener jusqu’au point de départ. Prix : 40 € / pers. après négociation car nous avons déjà fait une randonnée privée la veille. Durée de la balade : 2h30 environ. La ballade se fait au pas et avec des accompagnateurs à pied. Aucun souci pour les débutants.
Retour à l’hôtel vers 7h30. Nous bouclons nos sacs à dos, déjeunons puis reprenons la route pour notre plus long trajet : 7 heures pour rejoindre Istanbul ! Certes, c’est un peu long mais nous n’avons pas souhaité perdre trop de temps compte tenu de la durée de notre voyage. Les trois voies de circulation sont en parfait état et il n’y a pratiquement personne sur la route (sauf en arrivant à Istanbul). La conduite est aisée mais de nombreux véhicules restent sur la voie centrale et il est donc courant que les dépassements se fassent par la droite. Prudence donc.
BILAN SUR LA CAPPADOCE
La Cappadoce est une étape incontournable de tout voyage en Turquie. Les paysages sont magiques et on en a pris plein les mirettes. On ne voit ça nulle part ailleurs dans le monde. Sur un total de 21 jours, quatre sur place nous a semblé’idéal pour avoir le temps de profiter des richesses de la région tout en prévoyant un temps de détente.
Comme partout en Turquie depuis l’inflation, les billets d’entrée aux sites nous ont semblé excessivement chers ! Pas de tarif réduit pour les enfants de plus de 8 ans.
Prochaine étape ?

TURQUIE – Etape 3
ISTANBUL côté asiatique
2 jours
Moins connu que son versant européen, Istanbul est très riche culturellement du côté asiatique. Une fois descendus du bateau qui nous a fait traverser le Bosphore, nous prenons le temps de nous balader le long des quais en direction du quartier de Kadikoy. C’est de là que partaient auparavant les caravanes de chameaux qui se rendaient en pèlerinage à La Mecque.

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