TOGO
De Lomé aux plaines de l’Atacora

Durée (Période) : 14 jours (Oct. 2024 et 2025).
Dernière mise à jour de l’article : Oct. 2025.
Temps de lecture : 30 minutes.
Crédits photos @StéphaneGounon
Le Togo n’est pas une destination touristique mais c’est pourtant un pays qui mérite vraiment le détour. Sur certains spots, il nous est souvent arrivé d’être les seuls occidentaux. Immersion totale ! Pour moi, c’était une première mais pour Anaïs il s’agissait d’un retour aux sources puisqu’elle y a vécu plus de deux ans quand elle était ado. Elle sera donc pour moi la meilleure des guides et je vais enfin découvrir le pays dont elle m’a tant parlé : ses paysages, sa gastronomie, ses cultures et la gentillesse légendaire des togolais. Pour une fois, nous voyageons sans les enfants. Ce que j’ai découvert a largement dépassé ce que j’imaginais. Ce fût un voyage plein d’émotions et nous en sommes partis avec la conviction d’y retourner.

INFORMATIONS PRATIQUES
Où se trouve le Togo ?
Situé en Afrique subsaharienne, le Togo est un des plus petits pays d’Afrique (600 km du Nord au Sud et 100 km d’Est en Ouest). Il est bordé au Nord par le Burkina Faso, à l’Ouest par le Ghana et à l’Est par le Bénin. Avec une superficie pourtant à peine égale à 10% de celle de la France, ce pays présente une très grande diversité culturelle puisqu’on y dénombre une cinquantaine de tribus différentes. Chacune a sa langue, ses pratiques religieuses, ses coutumes, son histoire… Il y a aussi au Togo une grande diversité de paysages entre les plaines arides au Nord, les montagnes verdoyantes de l’Atacora au centre et la côte du Golfe de Guinée au Sud. La faune et la flore sont également très riches.
Comment se rendre au Togo ?
Pour nous, c’était un vol Bruxelles-Lomé réservé au dernier moment et donc cher (AR à 1000 € mais en cherchant et en anticipant vous pouvez trouver des billets à 500 €). Nous avons volé avec la compagnie Brussels Airlines qui permet à chaque personne d’embarquer un bagage de 23 kg en soute et de 8 kg en cabine ! De quoi ramener pas mal de souvenirs. Le vol a duré 8 heures avec une escale technique d’une heure à Accra, la capitale du Ghana. La bonne nouvelle est que nous avons été surclassés en business. Champagne 🍾🥂! L’aéroport de Lomé ne se trouve qu’à 5 kilomètres du centre-ville (comptez 5000 FCFA en taxi soit 7,5 €).

Climat : Le Togo a un climat tropical avec deux saisons de pluies. La plus importante commence en avril et s’achève en juillet. L’autre, appelée « petite saison des pluies », va d’août à octobre ; elle épargne généralement la région côtière du sud et donc Lomé. Le meilleur moment pour aller au Togo est donc durant la saison sèche de novembre à février. Les températures sont alors élevées (35 degrés avec un ressenti supérieur à 40) mais l’avantage est qu’il ne pleut pas. Cette saison est aussi celle de l’Harmattan, ce vent sec et poussièreux venu du Sahara qui recouvre le pays tout entier d’une fine pellicule de sable. C’est lui qui bloque les pluies sur l’ensemble de la région.
Monnaie : Comme tous les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), le Togo a comme monnaie officielle le Franc CFA (FCFA) : 1 € = 656 FCFA (le taux est fixe). Pour les petites dépenses courantes (taxi, pourboires, restaurants locaux…), il est impératif d’avoir des pièces et des petites coupures de 100 ou de 200 FCFA. A l’exception des hôtels et des restaurants, il est toujours possible de négocier les prix. Bien que non obligatoires, les pourboires sont toujours très appréciés.
Budget voyage : Le coût de la vie est très bas puisque le salaire minimum est de 50 000 FCFA (environ 80 €) et tout le monde n’a pas la chance de le toucher ; cela donne une idée du pouvoir d’achat dont dispose un européen. On peut manger local pour 2 à 3 € et on trouve sans difficulté pour se loger des locations à 30 € la nuitée. Le tourisme étant quasiment inexistant au Togo, les hôtels et les restaurants de standing ciblent essentiellement les expatriés disposant d’un pouvoir d’achat important. Ils pratiquent alors des tarifs proches des prix européens dans un pays où pourtant le salaire minimum est très faible.
Vaccin : Le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire et il faut donc penser à emporter son certificat international de vaccinations. Prenez contact avec votre médecin traitant avant de partir. Pour un séjour prolongé en zones rurales, le vaccin contre la typhoïde est fortement recommandé.
Conseils sanitaires : L’eau n’est potable nulle part (pas même dans les hôtels internationaux). Pour se laver les dents, obligation d’utiliser de l’eau minérale en bouteille cachetée(pensez aux alternatives du type pailles filtrantes ou filtres à pompe). Evitez les glaçons sauf certitude qu’ils sont faits avec de l’eau potable. Evitez les aliments mal cuits. Bien laver et peler les fruits et légumes.
Moustiques : Un traitement contre le paludisme est très fortement recommandé et il convient de prendre des mesures préventives contre les piqures car la dengue est présente. Portez des habits couvrants, amples et de couleur claire en coton ou en lin de préférence. Sur les zones découvertes, il faut appliquer du répulsif (pas sur les mains, ni autour des yeux et de la bouche). La climatisation ou un ventilateur peut garder les moustiques à l’écart. Le répulsif s’évapore avec la chaleur, le vent et la sudation et il faut donc le réappliquer régulièrement. Si vous utilisez de la crème solaire, il est important de l’appliquer en premier et d’attendre 15 minutes avant de mettre le répulsif. Il n’est pas toujours évident de trouver sur place du répulsif efficace (pensez donc à en prendre avant votre départ). Un bon répulsif doit contenir les produits suivants dans des proportions suffisantes :
– DEET (diéthyltoluamide) : 30 à 50 % (attention, ce produit abîme bijoux et lunettes en plastique) ;
– Picaridine KKR 3023 : 20% min. ;
– IR3535 : 20 à 35% (grosses) ;
– PMD (paramenthane 3,8 diol ;
– Extrait d’eucalyptus : 20 à 30%.
Passeport et visa : Si vous voulez profiter de votre voyage au Togo pour aller faire un tour au Bénin pensez à demander un visa à entrées multiples. Avec un visa à entrée unique, vous pourrez franchir la frontière togolaise mais ne pourrez pas revenir. 😱
Sécurité : A Lomé, aucun problème en journée mais le soir venu, il faut éviter de se balader dans les endroits peu éclairés et notamment sur les plages car des agressions y ont lieu fréquemment. Même en journée, nous y avons été suivis et avons dû quitter les lieux en appelant un taxi. Les plages de Baguida sont plus sécurisées car exploitées par des établissements privés. Même s’il faut prendre des précautions d’usage, comme ne pas prendre d’effets personnels onéreux, nous n’avons été confrontés à aucun problème. Le Togo est un pays accueillant et les habitants sont chaleureux. Concernant la situation géopolitique, il est désormais impossible de se rendre dans le Nord du pays en raison de la présence de groupes armés islamistes venus du Burkina Faso. L’état d’urgence sécuritaire est en vigueur. La vigilance est de mise dans la région de Kara. Pour tout déplacement dans la région des Savanes les visiteurs étrangers doivent solliciter une autorisation de déplacement délivrée par le ministère des armées. Consultez le site de France Diplomatie avant votre départ.
Téléphone : On vous conseille de prendre la carte SIM Togocel ou MoovAfrica qui couvrent mieux le territoire que les autres cartes (Prix : 3 500 CFA pour 15 GO sur 7 jours chez MoovAfrica). Un conseil, n’achetez pas aux vendeurs ambulants car vous risquez d’avoir des cartes moins performantes. Privilégiez l’achat d’une carte dans une agence de téléphonie où à l’aéroport et testez avant de partir le bon fonctionnement de votre téléphone (le personnel vous aidera avec bienveillance).
Religion : Majorité de chrétiens, musulmans (10%). Le reste de la population est animiste, croit en la réincarnation et est imprégnée de croyances vaudou. Elles se mélangent intimement aux religions importées. Le Togo et le Bénin sont les deux berceaux du vaudouisme.
Langues : Les togolais parlent couramment français puisque c’est la langue officielle du pays. Ils pratiquent également leurs propres dialectes : le Ewé est le plus répandu avec le Mina (dans le Sud du pays) et le Kabyè (au Nord et dans le centre du pays).
Décalage horaire : Moins 1 heure en hiver / Moins deux heures en été.
Drone : Si vous avez un drone, sachez qu’il faut préalablement obtenir une autorisation auprès de l’aviation civile togolaise. Il faut s’y prendre le plus tôt possible car les formalités prennent beaucoup de temps. Ayant effectué notre demande un peu tard, nous n’avons pas reçu de réponse avant notre départ et n’avons pas pu embarquer notre drone.
JOUR 1
Nous passons le début de notre séjour à Lomé, la capitale du pays. Cette ville de plus de deux millions d’habitants se situe au sud-ouest du pays. Elle est frontalière du Ghana et est bordée au Sud par le littoral du Golfe de Guinée. C’est le mois d’octobre. Le matin, le ciel est souvent laiteux mais le soleil se lève assez vite. Il fait environ 30 degrés mais le ressenti est bien supérieur en raison du fort taux d’humidité.

Comment se déplacer dans Lomé ?
La ville est très étendue et il n’est pas envisageable de la visiter à pied. Il y a des bus urbains mais le réseau ne semble pas être très développé (nous n’en avons pas vu beaucoup circuler). Autres solutions : les taxis les zémidjians (ou « Zem »), sortes de motos-taxis, et les trois roues que l’on ne vous conseille pas pour des raisons de sécurité. En ce qui nous concerne, nous avons préféré prendre une voiture avec chauffeur. Lomé a beau être la capitale, la plupart des routes ne sont pas bitumées et même notre chauffeur a parfois eu du mal à circuler dans des rues complètement défoncées. Sur l’application Gozem Togo, vous trouverez toutes les offres possibles : Zem, Tuk-Tuk, taxi.
Pour Anaïs, c’est un retour de 25 ans dans le passé. Les souvenirs reviennent à sa mémoire avec beaucoup d’émotions 😢 : les rues, les odeurs, la luminosité, l’ambiance… Les choses n’ont selon elle pas trop changées. Toujours la même cohue dans cette ville immense. Avant toutes choses, Anaïs souhaite revoir la maison où elle a vécu. Bien que ne se souvenant plus du nom de la rue, elle a gardé quelques repères en tête et nous ne tardons pas à retrouver l’endroit. La maison est située en plein centre-ville. Elle est à l’abri des regards derrière de grands murs qui entourent le jardin. Nous demandons au gardien d’informer l’actuel occupant des lieux de notre présence. C’est un expatrié français qui accepte gentiment de nous faire entrer et l’émotion submerge Anaïs lorsqu’elle pousse le portillon. La maison est telle qu’elle l’a quittée. Nous restons là une bonne heure à discuter du Togo, de la situation géopolitique, des bons restos de la capitale, des spots à privilégier…

Nous prenons congé pour nous diriger vers le lycée français où Anaïs a fait une partie de sa scolarité. Il est malheureusement fermé et nous décidons de revenir plus tard. Dans la rue, les femmes préparent des plats locaux dans d’immenses marmites fumantes et bouillonnantes. C’est du Fufu, un plat d’ignames bouillies et réduites en pâte. C’est un des plats préférés des togolais.
Où manger à Lomé ?
– Très chic : On a découvert Le Patio. C’est sans doute le meilleur restaurant de la capitale. Le cadre est exceptionnel et les prestations de haut niveau. C’est notre gros coup de ❤️.
– Moyenne gamme : Nous sommes allés manger un soir au restaurant RT. Endroit tranquille et restaurant soigné mais nous avons attendu plus d’une heure pour être servis. La cuisine est bonne sans être exceptionnelle. Prix : 12 000 francs CFA à deux (soit 18 €) pour deux plats très copieux et deux boissons.
– Très traditionnel : Il est possible de manger dans des Maquis, de petits restaurants de rues, à partir de 1 500 francs CFA (2,5 €). L’ambiance y est… local. On mange au son des derniers tubes congolais des plats simples et gouteux : poulet braisé, sauce arachide, riz sauce (tomate, arachide ou noix de palme). On peut déguster du Yéké Yéké, un couscous de maïs servi avec du bœuf, ou du Fufu, une pâte d’igname accompagnée d’une sauce au poisson, à la viande ou aux légumes. Au Togo, la viande est particulièrement savoureuse. Les pâtés, un autre aliment de base de la cuisine togolaise, sont préparés à partir de maïs moulu ou de manioc et sont également servis avec des sauces à base de légumes ou de viandes. Dans les rues, on trouve un peu partout des brochettes de viande et des assiettes de mouton pour quelques CFA. Avant de manger, on vous amène une bassine d’eau et du savon pour vous laver les mains. Il y a des couverts mais il n’est pas interdit de manger avec les mains et… c’est encore meilleur. 😋 Le Big metro star nous a été conseillé par un expat français (Boulevard du 13 janvier). C’est un Maquis qui ne paie pas de mine mais qui permet de se plonger dans l’ambiance locale. Nous commandons un «poulet bicyclette» (4 500 FCFA – 7 €) accompagné de riz à la sauce d’arachide (1 600 FCFA – 2 €). Le poulet bicyclette est un poulet à longues pattes que l’on voit souvent courir le long des routes. Elevé en plein air et nourri avec des végétaux, sa chaire est savoureuse et ferme. Rien à voir avec nos poulets de batteries. A deux, nous avons payé 10 300 francs CFA (soit 16 € avec les boissons). Ce maquis propose aussi des poissons braisés (dorades, tilapia, vivaneau rouge…) sur un barbecue installé au beau milieu du trottoir (de 3 500 à 7 000 FCFA soit de 5 à 10 € selon la taille). Quoi d’autre au menu ? Igname frite : 1 500 FCFA (2 €), Aloko (ou banane plantain) : 1 500 FCFA (2 €), Attiéké (semoule de manioc fermenté) : 1 500 FCFA (2 €). Juste à côté du Big metro star se trouve un autre Maquis du même style : le Fifty-fifty. Nous avons fait un tour dans la cuisine et c’est certain que l’on n’est pas aux normes européennes ! Le Fufu est excellent.





… et qu’est ce que l’on boit avec ça ?
– Avec alcool : A Lomé, on trouve un peu partout des bières artisanales. La Tchoukoutou est une bonne bière locale brassée à base de mil ou de sorgho. Dans les Maquis, on trouve toujours de la Pils, la bière la plus populaire (elle est produite par la brasserie BB). Sinon, il y a la Racine mais c’est moins une bière qu’un cocktail à base d’extraits naturels d’armoise, d’orange amère et de noix de cola (un peu trop sucré à mon goût). Dans les Maquis, comptez autour de 600 FCFA pour une bière locale grand format (moins d’un euro). Dans les bars plus occidentalisés, il faudra plutôt débourser entre 1 200 et 5 000 FCFA pour une bière et 5 000 pour un cocktail.
– Sans alcool : Goûtez le jus de Liha, une boisson traditionnelle togolaise. C’est un jus très nutritif à base de maïs fermenté et légèrement sucré. Sinon, il y a le fameux Bissap, une infusion à base de fleurs d’hibiscus séchées (riche en vitamines C et en antioxydants).
Où dormir à Lomé ?
Nous avons passé les deux premières nuits dans un AirBnb avec piscine (prix : 53 € la nuit pour une chambre avec sdb privative ; petit déjeuner inclus). Ilhem, la gérante algéro-nigérienne, nous accueille chaleureusement dans une maison comprenant 3 chambres pour les voyageurs. Ce Home Stay dispose d’une piscine et d’une grande terrasse. Durant le reste de notre séjour, nous étions à l’hôtel Sancta Maria, l’un des établissements haut de gamme de la capitale. Il est situé sur le boulevard du Mono qui longe la plage. Il dispose d’une belle piscine et d’un jardin avec une immense paillote où l’on peut manger ou boire un verre. L’hôtel dispose d’un distributeur automatique de billets. C’est commode. Les chambres sont très spacieuses et le staff est très attentionné. Le restaurant propose une cuisine locale et internationale et pratique des prix raisonnables pour ce type d’établissement.
L’après-midi du premier jour sera consacré à la visite du Grand marché, de la grande cathédrale de Lomé … et à un peu de farniente sur les plages du Golfe de Guinée.
1°) Le Grand Marché
Nous nous dirigeons en voiture vers le quartier d’Assigamé où se situe le Grand Marché. Il se trouve en plein centre-ville à proximité de la plage et est ouvert 24/7. Dès la sortie de la voiture, nous sommes abordés par un rabatteur plutôt sympathique qui ne nous lâchera plus. La cohue est indescriptible et l’on trouve un peu de tout : vêtements, vaisselle, outils, téléphones, électro-ménager, légumes, soins de beauté, souvenirs… L’ancienne hall aux viandes et aux poissons a brulé et est en cours de reconstruction. Nous passons deux heures à flâner au hasard des ruelles et à parler avec les togolais. Nous sommes quasiment les seuls touristes. C’est un endroit très typique, le cœur de la ville où il faut absolument se balader.

2°) Le marché artisanal
Dans la rue des arts, où se situe l’hôtel du Golf, se trouve le marché artisanal. A ne pas confondre avec le « village artisanal ». C’est un endroit plutôt touristique où l’on trouve des bijoux, des batiks (tissus teints par la technique de réserve à la cire), des tableaux, des masques africains, des statuettes… autant de choses dont les vendeurs nous vante l’authenticité mais qui ne sont sans doute pas confectionnées au Togo. Pour trouver des objets artisanaux Made in Africa mieux vaut aller au « village artisanal » dont l’entrée se trouve juste en face du restaurant Indochine sur l’avenue Kleber-Dadjo. Il y a là des objets artisanaux fabriqués sous vos yeux.
Juste à côté du marché artisanal se trouve les bâtiments abandonnés de l’ancien hôtel du Golf. Les lieux ont été investis par des dizaines de marchands qui vendent de belles sculptures, des masques, des tableaux… C’est assez incroyable de se balader en mode Urbex dans le dédale des chambres et de couloirs de cet ancien palace. On trouve là des objets uniques pour la décoration intérieure.
2°) La Cathédrale de Lomé
La Cathédrale de Lomé, ou plus exactement la Cathédrale du Sacré Cœur, se trouve au coeur même du quartier du Grand Marché. L’entrée est gratuite mais un homme plutôt insistant m’a demandé de payer l’accès à la Cathédrale. J’ai refusé et il a lâché l’affaire.

La Cathédrale a été érigée par les colons allemands en 1905 et est facilement reconnaissable à ses deux flèches peintes de blanc et d’ocre. Le 9 août 1985, le Pape Jean-Paul II y a célébré une messe. A l’intérieur, on trouve un peu de fraîcheur et l’on profite d’un calme qui contraste avec le brouhaha du quartier du marché. On peut admirer des fresques naïves qui sont typiques du style pictural togolais. L’orgue est également magnifique.
3°) Direction Baguida pour profiter des plages du Golfe de Guinée
A cause des vagues et des forts courants, il n’est pas possible de se baigner sur la grande plage de Lomé. Elle n’est de surcroît pas très safe. Nous prenons donc la route vers les villages de Baguida et d’Avepozo à 10 kilomètres à l’Est de la capitale en direction du Bénin. C’est là que se trouvent des plages aménagées et des hôtels et restaurants de standing.

Nous nous arrêtons à Baguida à l’hôtel Pure plage. C’est un endroit assez prisé car un mur immergé a été construit dans la mer pour briser les vagues. C’est donc une des rares plages du littoral où la baignade est sécurisée. L’eau est à 28 degrés. La plage est agréable même si les blocs de pierres qui ont été immergés pour briser les vagues ont quelques peu abimé l’endroit. Quoiqu’il en soit, c’est un spot sympathique pour boire un verre ou pour manger. On accède à la plage en passant par un hôtel-restaurant plutôt bien tenu et qui dispose d’une piscine, d’un sauna et d’un spa.
Nous sommes également allés faire un tour au Blue turtle beach resort (ouverture de 11h00 à 22h00 ou 23h00 le week-end). L’endroit ne nous a pas particulièrement séduit. L’établissement est bien tenu mais manque d’authenticité et nous ne sommes restés que le temps de boire un verre. Les prix sont élevés comparativement à ceux pratiqués : Cheese burger à 7 000 CFA (10 €), Salade avocat gambas à 10 000 CFA (15 €), Demi poulet grillé avec accompagnements à 8 000 CFA (12 €), Poisson grillé avec riz et légumes à 9 000 CFA (14 €), Plateau de grillades royales pour 2 à 27 000 CFA (40 €), Pizza entre 5 500 et 9 000 CFA (de 8 à 14 €). Il y a un menu enfant à 5 000 CFA (7,5 €)
JOUR 2
1°) Le marché vaudou
Au Togo, l’animisme se mêle intimemement au christianisme et à l’islam. Le culte vaudou est historiquement né au XVIe siècle à l’Est de Lomé sur les rives du fleuve Mono à la frontière du Bénin. Le marché vaudou est également appelé « Marché aux fétiches » ou « Marché des têtes » en raison de la multitude de crânes d’animaux que l’on peut y trouver. Il est situé dans le quartier d’Akodésséwa non loin du port de Lomé. Certains parlent d’ailleurs du « Marché d’Akodésséwa ». Nous y allons en voiture en traversant tout un tas de quartiers particulièrement animés.



J’imaginais un grand marché où règnerait une forte agitation et où viendraient en nombre des adeptes du vaudou pour trouver les prescriptions des guérisseurs et des féticheurs locaux. Au lieu de cela, ce marché occupe une esplanade fermée assez petite et nous sommes les seuls sur place. Il y a ici tout un tas de choses étranges : des crânes de singes, de chats et de chevaux, des poupées parfois inquiétantes, des statuettes, des masques en bois, des mues de serpents, des carcasses d’animaux séchés de toutes sortes : tortues, chiens, oiseaux, … 😱 L’odeur n’est pas particulièrement agréable. Il y a tout autour de l’esplanade de petites cahutes en bois dans lesquelles des guérisseurs, des féticheurs et des docteurs en médecine traditionnelle pratiquent une médecine associant croyances animistes et superstitions. La plupart des féticheurs viennent du Bénin. Nous rencontrons l’un d’eux. Il s’appelle Christian Guedenon dit « Force tranquille » (site www.vraifeticheur.centerblog) qui nous présente des gris-gris et autres amulettes censées protéger de l’empoisonnement, préserver la maison contre le vol, assurer l’entente conjugale ou… retarder l’éjaculation précoce. Le prix d’un gris-gris avoisine les 20 €… c’est plutôt cher mais le guérisseur nous explique que l’objet a été béni et est actif alors que ceux vendus moins chers sur l’esplanade centrale du marché ne sont que de simples souvenirs pour touristes. Nous le vexons sans doute mais n’achetons rien et prenons congés. Au milieu du marché se dresse un buché sur lequel sont brulées des carcasses d’animaux ; on y voit encore des mâchoires et des peaux calcinées. Ce marché absolument unique en son genre vaut le détour.

Entrée : 3 000 FCFA/pers. (4,5 €) et 2000 FCFA supplémentaires (3 €) si vous souhaitez prendre des photos. Le prix inclus l’accompagnement d’un guide. Durée de la visite : 1h30.
Après la visite du marché vaudou, il était logique de prendre la direction de Togoville qui est à la fois l’ancienne capitale du Togo mais également le berceau historique du vaudouisme.

2°) Togoville, berceau historique du vaudouisme et ancienne capitale
Pour se rendre à Togoville, nous prenons la direction du village d’Agbodrafo qui se situe à 30 kilomètres à l’Est de Lomé. Une fois arrivés, nous prenons une grande pirogue à moteur pour traverser le lac Togo (5000 CFCA aller retour par personne après négociation soit 7,5 €). Il faut 30 minutes pour traverser le lac et atteindre l’autre rive.


Nous débarquons sur la place aux esclaves, une grande étendue de terre où des cérémonies vaudou ont régulièrement lieu. Des enfants nous accueillent pour nous demander quelques pièces : « Yovo cadeau ! Yovo cadeau !» (yovo est le mot utilisé pour désigner les blancs). Nous prenons un chemin qui grimpe en laissant sur notre gauche la cathédrale Notre Dame où Jean-Paul II a célébré une messe en 1985. Nous nous dirigeons vers la place du village où se tient le marché.

Un gardien vient vers nous pour nous proposer une visite guidée du village et du marché. Nous aurions sans doute dû accepter mais comme nous avions faim nous sommes allés directement vers l’hôtel-restaurant Nachtigal où Anaïs venait quand elle vivait ici. On nous installe une table au bord de la piscine et passons un excellent moment. Au menu : Poulet bicyclette et Attiéké pour 17 000 CFCA boissons comprises (26 € pour nous deux et notre chauffeur).
En fin d’après-midi, un homme vient nous prévenir qu’il faut revenir sur la rive du lac pour prendre la dernière pirogue. Nous n’avons pas vu le temps passer à discuter avec les locaux. Il est 18 heures et le soleil décline déjà mais nous décidons de nous rendre à la « Maison des esclaves » avant de rentrer sur Lomé.
3°) La Maison des esclaves
La maison des escalves (ou Wood House) se trouve à Agbodrafo à 30 kilomètres à l’Est de Lomé mais à seulement quelques minutes en voiture de Togoville que nous venons de quitter. C’est un ancien village portugais d’où partaient les esclaves pour les colonies. Une fois arrivés à Agbodrafo le plus simple est de demander aux habitants où se trouve le lieu.

Cette maison appartenait à un anglais du nom de Wood qui pratiquait la traite négrière durant la deuxième moitié du 19e siècle. Ce site de casernement n’a été redécouvert que récemment, n’a pas été restauré et tombe partiellement en ruines. A droite et à gauche de la porte d’entrée de la maison se trouve une petite ouverture au bas du mur (voir photo). C’est par là qu’entraient les captifs pour accéder au soubassement qui ne fait pas plus d’un mètre cinquante de hauteur. C’est dans l’obscurité et l’humidité de ce sous-sol que s’entassaient les esclaves dans l’attente d’un embarquement sur un bateau négrier. L’attente pouvait durer de quelques jours à quelques semaines. Certains mourraient sur place. Dans la salle principale de la maison, une trappe permettait d’accéder directement au sous-sol et nous y passons pour nous retrouver dans ce lieu où de pauvres gens ont vécu l’enfer. On peut également voir la chambre de Wood qui dormait confortablement au-dessus de la cave où mouraient les esclaves. Il y a encore son armoire et le coffre-fort qui protégeait son ignoble butin. La visite est simple et émouvante.
Prix d’entrée : 2 000 FCFA (3€). A la fin de la visite, le guide vous proposera de faire une contribution pour participer à l’entretien des lieux. Durée de la visite : 30 minutes.
A la fin de la visite, nous déambulons dans la grande cour de la maison où habitent aujourd’hui quelques familles qui vivent de l’artisanat local. Nous échangeons un peu avec des mères qui s’occupent de leurs enfants puis rentrons à Lomé.
JOUR 3
La journée sera entièrement consacrée à une randonnée à Kpalimé dans la région des plateaux qui se situe à 120 kilomètres au nord de Lomé (2h30 en voiture).
Sur la route, nous nous arrêtons à la hauteur d’une église pour acheter des arachides. Pendant qu’Anaïs marchande, j’entre dans l’église où un prêtre m’accueille et me présente les jeunes paroissiens. Nous échangeons sur les difficultés d’une jeunesse confrontée au chômage et à la pauvreté et nous nous quittons en promettant de nous revoir. Nous reprenons la route et apercevons enfin en face de nous la chaîne de l’Atacora et le mont Agou, le plus haut sommet du pays (986 mètres). Nous sommes arrivés !

Une fois payé le droit d’entrée (2 500 francs CFA / pers. soit 4 €), nous empruntons un chemin carrossé d’une centaine de mètres et accédons au bas de la cascade de Kpimé. Des guides nous proposent de nous accompagner. Nous refusons mais le plus jeune d’entre eux décident de nous suivre quand même. Nous arrivons assez rapidement sur le site d’une magnifique cascade. Quelques personnes se rafraîchissent sous la chute d’eau mais il n’est pas vraiment possible de se baigner. Nous reprenons un sentier de montagne complètement défoncé (pensez à prendre des chaussures de marche, de l’eau et de quoi vous protéger du soleil). Il fait chaud et humide et ça grimpe plutôt fort 🥵.


Notre guide nous donne un petit cours de botanique : ici un baobab, là du coton, du café, des avocatiers, des manguiers, des ananas… Les fougères épiphytes qui recouvrent les troncs des arbres créent un paysage luxuriant. Nous passons devant des termitières géantes. Après plus d’une heure de marche, nous arrivons au sommet d’où nous avons une très belle vue sur Kpalimé et sur le mont Agou.

Cette fois-ci nous pouvons nous baigner dans une eau plutôt fraîche et qui remue fortement. Cette deuxième cascade est encore plus belle que la première.

Nous croisons un français qui a rencontré un problème avec un jeune qui voulait le racketter pour accéder à la cascade. Nous n’avons eu pour notre part aucun problème. Nous nous arrêtons au gite de « La Montagne verte », une sorte d’éco-lodge doté d’un magnifique jardin (15 € la nuit). C’est l’endroit idéal pour une retraite de quelques jours retiré du monde. Le gérant est très accueillant et nous prenons un verre pour discuter avec lui (1 600 FCFA soit 2 € pour trois boissons).


Nous redescendons dans la vallée en passant par le barrage électrique qui alimente Kpalimé. Nous donnons 5 000 francs CFA à notre jeune guide qui a su agrémenter notre balade de bons commentaires. Nous reprenons la voiture pour rentrer sur Lomé et nous nous arrêtons à la hauteur d’un village pour acheter des arachides. Les enfants se pressent pour nous parler et nous demander un peu d’argent.
Où manger à Lomé ?
Nous allons ce soir au restaurant Alt Munchen. Si vous voulez manger une fondue savoyarde ou une choucroute au Togo dans un restaurant allemand, vous êtes au bon endroit ! Service très attentionné, belle carte de bières et de vins, viande de grande qualité. Le décor nous transporte véritablement en Allemagne et dans le passé pour Anaïs car la déco est inchangée depuis les années 2000. Les prix sont raisonnables.
JOUR 4
Nous nous rendons aujourd’hui dans un orphelinat appelé « Maison de Béthanie ». Cette ONG, qui a été créée en 2000, a pour but de recueillir des orphelins de mères, de leur offrir un cadre d’accueil adéquat, d’assurer leur scolarité et de leur proposer un accompagnement psychosocial afin qu’ils puissent s’insérer durablement dans une vie adulte autonome. Nous découvrons que les enfants recueillis sont le plus souvent abandonnés par leurs père suites au décès en couche des mamans.




Soixante-deux enfants âgés de quelques mois à 21 ans sont actuellement pris en charge. Un bébé de quelques jours vient d’être recueilli. Trente neuf enfants vivent sur place. Les autres résident dans leurs familles et viennent ici chercher un soutien financier et alimentaire. Durant la journée, ils vont à l’école et dans des centres de formation et quand ils rentrent ils participent aux tâches collectives. Grace à un immense potager, la maison est autonome en légumes. Quelques-uns des enfants, une dizaine parmi les plus grands, sont investis dans l’organisation quotidienne et des bénévoles sont régulièrement sur site pour des séjours plus ou moins longs. Les enfants sont tous associés à une production artisanale. Certains aident à la fabrication de la poudre de Moringa (un arbre aux vertus médicinales), d’autres font des batiks (teintures sur tissus) ou des bijoux qui seront vendus ensuite sur les marchés. Certains apprennent la couture, la coiffure, le flocage de tissus, la reprographie et valorisent leurs compétences dans des entreprises attenantes à l’orphelinat.
Les chambres et les parties communes sont d’un confort sommaire. En dépit de la pauvreté et de la précarité, il règne dans cette ONG une ambiance chaleureuse. Une jeune d’une vingtaine d’années nous a confié : « Vous en Europe vous avez tout mais n’êtes pas heureux. Nous on n’a rien mais on rit, on chante et on s’amuse. On est heureux ! ».

JOUR 5
Nous passons le dernier jour à flâner dans Lomé pour profiter une dernière fois de l’ambiance locale et trouver des souvenirs à ramener en France. Nous avions prévu de visiter le musée national mais n’avons pas eu le temps. Il se trouve dans le Palais des Congrès et vaut paraît-il le détour ; on y trouve des statues, des bijoux et des outils qui disent l’histoire du Togo. Il y a aussi un espace dédié à la colonisation et à la marche vers l’indépendance.
Durée de la visite : 2 heures. Prix : 1500 FCFA
Que ramener du Togo ?
Si vous voulez ramener des objets artisanaux réellement fabriqués au Togo, il faut se rendre au « village artisanal » (à ne pas confondre avec le « marché artisanal » qui se trouve dans la rue de l’hôtel du Golf et où l’authenticité est moins garantie). Le « village artisanal » est situé sur l’avenue de la Nouvelle Marché (coordonnées GPS 6.13351,1.21973). Il est ouvert de 7h30 à 17h30 mais certaines boutiques sont fermées pendant la pause méridienne. C’est un lieu relativement petit où se trouvent une trentaine d’ateliers proposant des sculptures en bois, des batiks, des tissages, des poteries, des sandales faites sur mesure, des bijoux… Les artisans travaillent devant vous.

On peut aussi ramener des fruits, des arachides grillées. Ces dernières n’ont rien à voir avec nos cacahuètes même si la forme est la même. Les arachides sont beaucoup plus légères et gouteuses. On a peut-être exagéré en ramenant une valise entière d’arachides (environ 18 kg) !!! … mais il fallait bien ramener des souvenirs aux amis et faire travailler le commerce local.
C’est la fin du voyage mais nous avons déjà prévu de revenir chaque année.

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BÉNIN
Guide pour une visite d’un jour depuis le TOGO
Nous sommes sur les rives du lac Nokoué à 15 kilomètres au Nord de Cotonou. L’accès à la cité se fait uniquement par bateau. Nous partons dans une grande pirogue motorisée en direction de celle que l’on surnomme « La Venise de l’Afrique ». Un guide…

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