YPRES
Un haut lieu historique à 40 minutes de Lille

Dernière mise à jour : Janvier 2025.
Située en région flamande non loin de la frontière française, Ypres est une ancienne ville drapière qui a connu une prospérité comparable à celles de Bruges et de Gand. Moins connue que ces dernières, elle est restée dans l’histoire pour avoir été le théâtre de l’un des conflits les plus dévastateurs de la première guerre mondiale et de l’histoire même de l’humanité. Un demi-million d’hommes sont morts ici. Totalement détruite, elle a été reconstruite à l’identique et c’est aujourd’hui une ville magnifique qui mérite d’y consacrer au-moins une journée pour son histoire et son patrimoine architectural.
Comment se rendre à Ypres ? Pour nous, c’est 40 minutes de Lille en voiture (A25).
En arrivant à proximité de Ypres, on ne compte pas moins de 150 cimetières militaires le long de la route. Pas mal de personnes s’y arrêtent. Beaucoup d’américains, de britanniques et de canadiens viennent ici. Deux cimetières militaires se trouvent dans le centre-ville d’Ypres. Le Ramparts Cemetery et le Ypres Reservoir Cemetery. On peut aller jusqu’au Tyne Cot Cemetery (voir plus bas) qui est le plus grand cimetière militaire du Commonwealth au monde.
On commence généralement la visite d’Ypres par la porte de Menin.
1. Le Mémorial de la porte de Menin
Ce mémorial en forme d’arc de triomphe a été inauguré en 1927 à l’emplacement de l’une des anciennes portes des fortifications de la ville. Il a été édifié à la mémoire des 54 896 soldats du Commonwealth tombés ici. Il s’agit principalement de soldats britanniques, canadiens, australiens et néo-Zélandais dont les noms sont gravés sur le monument.

Tous les jours depuis 1928 (à l’exception de la période où la Belgique fût occupée par les allemands) a lieu à 20 heures précises une cérémonie protocolaire. Elle débute immuablement par une lecture de textes sur l’histoire de la guerre. Les clairons entonnent ensuite le fameux Last Post, la sonnerie aux morts en usage dans le Commonwealth. Après une minute de silence, ont lieu des dépôts de gerbes de coquelicots.
« Dans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent
Entre les croix qui, une rangée après l’autre,
Marquent notre place »
(Poème du Lieutenant Colonel John Mc Crae)
La cérémonie est brève mais prenante. Des touristes et de nombreux écoliers y assistent pour entretenir le souvenir. Durée totale de la cérémonie : 30 minutes.

Les batailles d’Ypres ont eu lieu de 1914 à 1917. L’armée allemande utilisa pour la première fois des gazs de combat. Ce gaz porte le nom d’Ypérite mais est plus connu sous l’appellation gaz moutarde. Les combats ont été particulièrement sanglants : 500 000 soldats alliés seraient tombés au combat. En 1910, Winston Churchill alors ministre de la guerre avait proclamé : « J’aimerais volontiers acquérir les ruines d’Ypres car il n’y a pour le peuple britannique pas de lieu plus saint au monde ».
2. Promenade sur les remparts
Depuis la Porte de Menin, on peut faire le tour de la ville en montant sur les remparts (2,6 km). Ce sont les plus vieilles fortifications de Belgique. Construites vers 1390, elles ont été réaménagées par Vauban en 1680.
Infos pratiques : le plan de la promenade est disponible sur le site de l’office du tourisme (on peut aussi le retirer à l’office qui se trouve sur la grand place de la ville).
3. La Grand place
A 200 mètres du mémorial de la porte de Menin, se trouve la grand place (Grote Markt). Les maisons ressemblent à celles de Bruges mais ici elles ne sont pas marrons mais beiges. On peut admirer le magnifique hôtel de ville et la cathédrale Saint-Martin. Il y a ici des dizaines de bars et de restaurants qui servent des spécialités locales. C’est l’endroit idéal pour faire une pause.

4. La halle aux draps
C’est un bâtiment de style gothique aux dimensions impressionnantes qui fut achevé en 1304 pour tenir lieu d’entrepôt et de marché aux tissus. C’est l’un des plus grands monuments communaux du Moyen-Age. Il faut savoir que Ypres est, avec Bruges et Gand, l’une des plus grandes villes drapières du Moyen-âge. Réduite à l’état de ruines pendant la première guerre mondiale, la halle a été reconstruite à l’identique de 1933 à 1967. Le bâtiment abrite aujourd’hui la mairie, le musée In Flanders Fields consacré à la grande guerre, le centre des sciences et l’office du tourisme.
Au milieu de la Halle, se dresse le puissant beffroi de la ville. On y accède depuis le musée In Flanders Fields.


5. Le musée In Flanders Fields
Le musée se trouve sur la place de Ypres dans le bâtiment de la Halle aux draps. Il compte de nombreux images, projections vidéo, extraits sonores et objets de la première guerre. On parcourt ce musée interactif avec un bracelet à puce intégrée qui déclenche les bornes multilingues tout au long de la visite. Astucieux ! L’immersion multimédia est très réussie.
Infos pratiques : entrée : 10 € ; ouvert tlj du 1er avril au 15 novembre de 10h à 18h et du 16 novembre au 31 mars de 10h00 à 17h00. Comptez 2H00 pour la visite.
6. Le Beffroi
On accède au grand beffroi depuis le musée In Flanders Fields pour 2 €. Il faut monter 263 marches pour parvenir au sommet et admirer les alentours. Les 49 cloches du carillon rythmaient au Moyen-âge l’activité de la ville. C’est depuis le beffroi qu’avait lieu le lancer de chats, une tradition médiévale qui se perpétue aujourd’hui tous les 3 ans … avec des chats en peluche. A l’origine, de vrais chats étaient jetés pour chasser les mauvais esprits car ils étaient considérés comme des animaux maléfiques. Date du prochain lancé ? Le 9 mai 2027.

7. La Cathédrale Saint Martin
De style gothique, elle se trouve derrière la halle aux draps. L’ensemble architectural formé par la cathédrale et la hall est exceptionnel. Construite au XIIe et XIIIe siècle, la cathédrale a été totalement détruite pendant la première guerre mondiale puis reconstruite à l’identique entre 1922 et 1930. Seule la flèche qui n’avait jamais été achevée a été bâtie plus haut que l’originale ; elle culmine à 102 mètres.

8. L’église-mémorial Saint Georges
Le monument se situe à deux pas de la Cathédrale Saint Martin. Construit en 1927, en même temps que le mémorial de la porte de Menin, il est pour tout le Commonwealth un monument emblématique du demi-million de soldats britanniques tombés pendant la grande guerre. L’évêque Jansénius, qui est à l’origine du jansénisme, y est enterré.
9. Het Steen (ou wooden house)
En se baladant dans les rues d’Ypres, plus précisément au milieu de la Rijselstraat, on tombe sur une petite maison en bois du XVIe siècle. C’est la seule qui subsiste mais il y en avait une centaine au début XIXe siècle. C’est à cet endroit qu’étaient perçues les taxes sur les ventes réalisées au marché aux poissons qui se trouvait à proximité.
10. Le cimetière Tyne Cot
Tyne Cot n’est rien de moins que le plus grand cimetière militaire du Commonwealth au monde : 11 956 soldats y reposent. Un immense monument commémoratif se trouve à la limite nord-est du cimetière. C’est un mur de silex de plus de 4 mètres de haut et de 150 mètres de long. Il est érigé au point le plus avancé atteint par les armées du Commonwealth contre les troupes allemandes. De là, on domine tous les champs de batailles environnants. Le lieu est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Où boire un verre à Ypres ?
Ypres est célèbre pour ses bières. Voici une adresse bistronomique : la brasserie De fonderie qui se trouve rue de Dixmude. C’est une institution qui propose une large sélection de bières. Il y a aussi le Kaffee Bazaar situé à deux pas de la Grand Place et qui propose une carte de 300 références de bières.
Où manger à Ypres ? Le restaurant Captain Cook est l’un des restaurants les mieux notés de la ville sur Tripadvisor. Excellente adresse.

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