PÉROU
Arequipa, la merveilleuse cité blanche

Durée sur place (Période) : 3 jours (Avril).
Dernière mise à jour de l’article : Octobre 2025.
Temps de lecture : 14 minutes.
Crédits photos : @StéphaneGounon
Nous arrivons à Arequipa en bus de nuit depuis Copacabana en Bolivie. Le trajet a duré 10 heures (550 km). Nous sommes passés de 4 000 mètres à 2 335 et Théo (14 ans) va pouvoir récupérer car il a plutôt mal supporter l’altitude. Nous avons été séduits par cette ville dès notre arrivée. Située au sud de la Bolivie, elle est la deuxième ville la plus importante du pays (984 000 habitants). Nous y retrouvons en plus grand l’atmosphère de Sucre, la capitale bolivienne (voir notre article sur Sucre). Ce sont deux anciennes villes coloniales espagnoles qui ont beaucoup en commun. Elles sont d’ailleurs toutes deux dénommées « ciudad blanca ».
Arequipa a été fondée au XVIe siècle et sa prospérité vient de sa situation géographique à mi-chemin entre Lima, la capitale du pays, et Potosi en Bolivie où se trouvent les plus importantes mines d’argent de la planète. Arequipa était sur la route du précieux minerais et c’est pourquoi les espagnols en ont privilégié le développement. Le centre historique est étendu mais peut aisément se faire à pied. Son patrimoine architectural est très riche et est d’ailleurs classé sur la liste du patrimoine culturel de l’Humanité. C’est une ville touristique de renommée mondiale et elle compte un nombre incroyable de musées.
Conseil : Arequipa est idéalement située entre le lac Titicaca et Cuzco. A une altitude de 2 335 mètres, elle permet de s’habituer aux sites qui dépassent les 4000. Voilà pourquoi nous avons successivement visité le lac Titicaca, Arequipa, Cuzco et le Machu Pichu.
Où dormir à Arequipa ?
Nous avons loué un AirNb situé à 10 minutes à pied du centre et depuis lequel nous avions une vue incroyable sur la ville et sur le volcan Misti. Description : une chambre (un lit queen et deux lits une place), une salle de bain, une cuisine américaine, un joli balcon avec barbecue, un salon. Wifi, télévision et caméra de sécurité extérieure.
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JOUR 1
Pour mieux découvrir la ville, nous avons loué les services d’un guide local francophone. Il s’appelle José et nous donne rendez-vous à 9h00 sur la place San Francisco au coeur de la vieille ville.
Infos pratiques sur la visite guidée :
Contact de notre guide : 00 51 958 269 361.
Durée de la visite : 4 h00 (visite en français très détaillée).
José répond avec passion à toutes questions culturelles et historiques.
Après avoir fait connaissance avec José, nous empruntons le Pasaje Los cristales où nous pouvons voir d’anciennes maisons construites en pierres volcaniques. Devant la blancheur des façades et le bon état des habitations, José nous explique que la ville a été rasée puis reconstruite à plusieurs reprises à la suite de tremblements de terre. Le dernier séisme ayant ravagé la ville date de 1868. Pour mieux résister aux séismes, les maisons les plus anciennes n’ont qu’un seul niveau et aucune fenêtre. Ce n’est qu’avec le perfectionnement des techniques de construction que les maisons ont été surélevées.

Nous nous dirigeons ensuite au Mundo Alpaca sur les rives du rio Chili. C’est un espace culturel très intéressant qui propose une immersion dans l’univers de l’alpaca (en France, on dit alpaga), ce célèbre camélidé qui produit une laine de luxe recherchée pour sa résistance, sa douceur et sa légèreté. L’entrée est gratuite. Après une brève explication sur les différentes espèces de camélidés 🐫 : guanacos, lamas, vicuñas, alpacas, dromadaires, chameaux (…) nous passons devant un enclos où vivent tranquillement quelques alpagas et lamas. Nous en avons vu des centaines en Bolivie. Les alpacas sont les camélidés les plus abondants en Amérique du Sud et 80% de la population est concentrée au Pérou. C’est une vraie manne économique pour le pays. Un couple de péruviens en habits traditionnels tissent devant nous la précieuse laine sur des métiers à tisser artisanaux. Une boutique propose des articles à la vente mais même ici les prix sont exhortants et un simple polo à capuche se négocie aux alentours de 200 € 🫰. Le Mundo Alpaca est un endroit très intéressant qui se visite rapidement et qui permet de mieux comprendre l’histoire de la ville.

Nous nous dirigeons ensuite vers la magnifique Eglise San Francisco (entrée gratuite). C’est le dimanche des Rameaux et le parvis est bondé de fidèles vêtus de beaux habits traditionnels. Les enfants portent des croix tressées en feuilles de palmiers. Trop de monde pour entrer dans l’Eglise et admirer son choeur en pierres de taille et sa bibliothèque aux 20 000 ouvrages. Dommage. 😢

José nous montre des casonas. Ce sont d’immenses maisons coloniales pourvues d’un ou de deux patios intérieurs. La plupart sont magnifiquement restaurées. N’hésitez pas à y entrer lorsque la porte est ouverte. Nombre d’entre elles ont été transformées en commerces, bars ou restaurants.
Nous passons devant le Monasterio Santa Catalina. C’est un couvent fondé en 1579 par des soeurs dominicaines et dans lequel elles vivaient cloitrées. Nous ne faisons que passer devant avec notre guide et prévoyons de le visiter durant l’après-midi. C’est un incontournable de la ville.
Juste en face du monastère se trouve la Casona Santa Catalina où l’on peut entrer gratuitement pour accéder aux toits ; de là-haut, on a une vue incroyable sur le monastère et sur les massifs enneigés qui entourent le ville. Nous apercevons notamment le volcan Misti qui culmine à 5 825 mètres. Il domine la ville un peu comme le Vésuve à naples mais de manière encore plus impressionnante.

Il y a dans la ville plusieurs passages faisant penser aux traboules que l’on trouve à Lyon. Elles avaient ici aussi pour but de faciliter la circulation entre les rues. En nous dirigeant vers la plaza de Armas, nous passons devant des façades incroyablement sculptées. La façade de la banque BBVA continental représente la généalogie de Jésus.

Crédits @StéphaneGounon
Ne manquez pas la casa del Moral dont la porte d’entrée est majestueuse et qui dispose d’un incroyable patio. En empruntant la rue San Agustin, vous passerez devant la magnifique Casa Irriberry qui est aujourd’hui le Centre culturel Chávez de la Rosa.
Nous arrivons sur la grandiose plaza de Armas, la place centrale de la ville. La Cathédrale Notre Dame est majestueuse. Il règne sur cette place une grande activité. Les bâtiments coloniaux sont magnifiques et déploient une double rangée d’arcades de granit. Au centre de la place se trouve une magnifique fontaine en bronze au sommet de laquelle a été placé Tuturutu, le génie de la ville.


A l’angle de la plaza de Armas se trouve l’Iglesia de San Agustín. Elle date du XVIe siècle mais a été totalement reconstruite après le séisme de 1868 (entrée gratuite). Sa façade en pierre blanche est majestueuse. A l’intérieur, la sacristie est couverte d’une grande coupole et est le seul élément à avoir résisté au séisme. Au fond à gauche, on peut voir un tableau de la Cène où Jésus mange… un cochon d’Inde. Bel exemple de syncrétisme religieux !
Nous passons devant le parvis de la magnifique Eglise de la compagnie de Jésus.

Crédits @StéphaneGounon

A gauche de l’église de la compagnie de Jésus se trouve le passage Romaña. C’est une galerie marchande très agréable.
Juste à côté de l’Iglesia de San Agustín, nous accédons au marché couvert par la rue San Camillo. Nous dégustons une queso helado, la spécialité d’Arequipa. C’est une glace au lait (et non pas au fromage) aromatisée à la cannelle. Excellent 😋. Beaucoup de stands de fruits, de légumes, de viande, de fleurs et de fromages … et même quelques vendeurs de fétiches qui proposent des foetus de lamas 😱 et autres poudres magiques.


Où manger à Arequipa?
Le bon plan pour manger traditionnel et pas cher et d’aller au marché couvert qui se trouve calle San Camillo. On a le choix : caldo de Lomos ou de gallinacés, chicharrones, adobo, ceviche, empenadas en tous genres, chupe de camarones (soupe d’écrevisses)… Ne passez pas à côté de la Papita rellena. C’est une pomme de terre farcie avec une préparation d’oignons, d’olives, d’œufs et de viande de boeuf hachée.
Nous avons aussi testé le Red Pig qui propose des hamburgers énormes à tomber par terre. Les enfants nous en parlent encore 😂.
Pour un petit-déjeuner de luxe et à volonté, il faut aller au Plaza Hotel sur la plaza de Armas. Y manger sous les arcades donnant sur la place centrale est un must. 😎
Où boire un verre à Arequipa ?
Non loin de la plaza de Armas se trouve le Pasaje de la Cathedral, une rue piétonne ultra typique où se trouvent pleins de bars et de restaurants. Ambiance ultra sympa mais peut-être un peu trop touristique.
On a aussi testé à deux reprises l’Ascai. C’est un rooftop incroyable qui surplombe la plaza de Armas et qui offre une vue magnifique sur la ville et sur les montagnes environnantes. Endroit idéal pour contempler un coucher de soleil.
Si vous voulez boire un excellent Frapuchino ou un véritable expresso, allez à l’alliance française.
Nous sortons du marché et entrons calle général Morán dans une place intérieure incroyable où nous allons manger des chocolats locaux attablés au MistiCoffee. Notre guide va également nous faire déguster du Pisco, une eau-de-vie à 43° obtenue par distillation de raisin. Le mot Pisco vient du vocable quechua « Pisqu » qui veut dire oiseau. C’est une vraie institution au Pérou, un vecteur de l’identité nationale. On peut le boire pur ou en cocktail et j’avoue que c’est le Pisco Sour que nous avons préféré. C’est un cocktail obtenu par l’émulsion d’un blanc d’oeuf auquel on ajoute du sucre, du jus de citron, quelques gouttes d’Angostura… et du Pisco. 🍸

Nous quittons notre guide vers 13h00 et retournons au marché couvert pour déguster un bon ceviche.
Nous revenons vers le Monasterio Santa Catalina car on ne pas aller à Arequipa sans le visiter. Construit au XVIe siècle, c’est le plus grand couvent du monde (2 hectares) et le monument religieux le plus important du Pérou. Il présente un style colonial très affirmé. Dès le début de la visite, on passe sous l’arche du silence pour entrer dans le cloître des novices où les soeurs devaient s’abstenir de parler pendant les quatre premières années de leur admission au couvent. Une fois leurs voeux prononcés, les soeurs pouvaient accéder au cloître des orangers magnifiquement peint en bleu. L’oranger symbolise le renouveau et la vie éternelle. Ce couvent est une véritable ville dans la ville. Les rues portent les noms de cités espagnoles comme la rue Cordoba magnifiquement peinte en rouge. On peut visiter les pièces appelées cellules où les soeurs vivaient avec leurs servantes. Elles sont plus où moins grandes en fonction de la fortune de l’occupante. Ce sont de petits appartements comportant chacune une pièce principale, les chambres de la soeur et de sa servante, une cuisine et parfois un patio. Les lits sont placés sous des arches pour se protéger des effondrements consécutifs aux tremblements de terre. En prenant la rue Toledo, on accède à un incroyable lavoir à débordement puis aux bains. La rue de Burgos mène à une grande salle commune. On peut également accéder au parloir où les soeurs pouvaient échanger avec leur famille… mais pas plus d’une heure par mois. Les murs des rues sont peints d’un bleu « majorel » et parfois d’un rouge très vif. On peut voir certains effets personnels des anciennes locataires mais également plus de 400 peintures. Une centaine de soeurs vivaient ici et faisaient voeux de chasteté, de silence et parfois même de lumière. Aujourd’hui encore 60 soeurs vivent sur place dans un espace attenant qui a été restauré. On termine la visite par le réfectoire qui donne sur le troisième et plus grand cloître appelé cloître majeur. D’un côté du cloître se trouve une chapelle et de l’autre une immense galerie en forme de croix où des oeuvres sont exposées.



Infos pratiques sur le monastère : Prix : 45 $/ pour les adultes, 6 pour les enfants de moins de 6 ans, 25 pour les étudiants étrangers de moins de 21 ans et 25 pour les plus de 60 ans – Ouvert tlj de 9h00 à 17h00 (et jusqu’à 20h00 mardi et mercredi pour des visites à la bougie)- Durée de la visite : 2h00.
Nous sommes de retour à notre logement pour nous poser un peu. Nous reviendrons en ville une heure plus tard pour manger et pour suivre un cours de préparation du Pisco Sour, le célèbre cocktail sud américain. .
Apprendre à préparer un Pisco Sour : Le cours dure un peu plus d’une heure et se déroule dans un ambiance très sympathique en plein centre ville. C’est un étudiant très sympa qui a développé cette activité (Contact : +51 918 614 809). La présentation se fait en effectif réduit (pas plus de 6 personnes). Mieux vaut réserver à l’avance.
JOUR 2
Nous commençons la journée par la visite du Museo Santuarios Andinos qui se trouve Calle La Merced juste à côté de la Plaza de Armas. C’est là que se trouve la momie de Juanita, une jeune fille sacrifiée il y a 500 ans et retrouvée sur les flancs du volcan Ampato à 6 300 mètres d’altitude. Le musée est relativement petit et présente en cinq salles un millier d’objets datant de 12 000 ans avant J.-C. à la colonisation. A visiter absolument.
Infos pratiques sur le musée : L’entrée est libre mais la visite se fait avec un guide auquel on donne ce que l’on veut. Durée de la visite : 20 minutes. Ouvert de 9h00 à 18h00.
Vers 13h00, nous sommes retournés au marché couvert pour manger puis nous avons flâner tout l’après-midi dans les rues. On le ferait bien encore une fois si c’était possible. J’allais oublier… allez faire un tour à l’alliance française. C’est un lieu hyper sympa où l’on peut boire un excellent café et visiter des expositions temporaires très intéressantes.
Vers 17h30, direction l’Ascai, un rooftop incroyable d’où l’on a admiré un coucher de soleil qui entre assurément dans notre top ten.


C’est vrai que cette journée n’était pas trop chargée mais il fallait récupérer des jours précédents où nous ne nous étions pas épargnés. Nous revenions quand même d’un trek de quatre jours au coeur de l’Amazonie.
JOUR 3
Nous allons consacrer cette journée à la visite du quartier de la Recoleta situé à 15 minutes à pied du centre ville. Nous commençons par la visite du musée de la Recoleta qui se trouve dans un ancien couvent. C’est un musée vraiment étonnant où les thématiques sont pour le moins diversifiées. Autour de quatre cloîtres, des pièces sont consacrées à l’art pré-colombien, aux jouets des années 70-80, aux animaux d’Amazonie, à la philatélie, à la peinture du XVIIIe siècle, aux céramiques… Il y en a pour tous les goûts. On peut voir plusieurs momies et pas mal d’animaux empaillés. On peut également monter sur le clocher même si la vue n’est pas ouf et on peut aussi visiter une incroyable bibliothèque toute droit sortie de Poudlard. On y trouve des ouvrages du XVe siècle parmi les plus vieux du continent. Le petit plus est qu’il n’y a personne. Les enfants ont adoré ce lieu. Ce musée mérite vraiment le détour ❤️ et on se demande pourquoi il n’est pas mieux référencé dans les guides touristiques. 🤔



Infos pratiques sur le musée de la Recoleta : Entrée : 10 soles. Durée de la visite : 1h30.
Où manger à la Recoleta ?
Il faut aller à La nueva Palomino. C’est une picanteria de renom où l’on peut manger d’excellents plats traditionnels. Les proportions sont énormes. Pour ceux qui le souhaitent, possibilité de manger un cochon d’Inde.
Retour à pied vers le centre ville car il faut préparer nos sacs pour la prochaine étape. Franchement, nous aurions pu rester deux jours de plus tant il y a de choses à voir dans cette ville. D’ailleurs Ari-que Pay signifie « Oui vous pouvez rester » dans la langue quechua. 🤓
Prochaine étape ? Cuzco, l’ancienne capitale inca.

PEROU – Etape 2
CUZCO (3 jours)
Cuzco est une ville magnifique située dans la cordillère des Andes. Ancienne capitale de l’Empire Inca, c’est un vrai musée à ciel ouvert.

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