COLOMBIE
Réaliser son propre café

Dernière mise jour de l’article : Mai 2025.
Temps de lecture : 7 minutes.
Crédits photo : @anous5lemonde.com
Nous sommes à Salento, un magnifique village situé au centre de la Colombie dans le département de Quindio (voir notre article sur Salento).
Une question s’est vite posée… Comment aller en Colombie, troisième producteur mondial de café, sans aller dans une finca (exploitation agricole) dédiée à l’exploitation de ce précieux grain ? Nous avons donc pris contact avec l’exploitation agricole Coffee Tour Luger sur le conseil d’un expatrié français qui nous a garanti une finca authentique et moins touristique que les autres.

Nous nous sommes rendus à pied dans la finca depuis le village de Salenco (40 minutes). La petite balade est vraiment sympa. Tout autour de nous les montagnes verdoyantes de la cordillère des Andes. Les premiers plants de café apparaissent…

Nous arrivons dans une ferme magnifique où Esteban nous accueille avec beaucoup de bienveillance. Les visites commencent toutes les heures et sont privatives. Nous ne sommes donc que nous cinq avec lez guide. Esteban nous fait d’abord un rapide briefing sur le café : arabica, robusta, arômes, bon et mauvais cafés, secrets de la torréfaction,… tout y passe et nous goûtons quelques grains. La présentation est très instructive. La Colombie ne produit que de l’Arabica puisque c’est un café d’altitude. Nous sommes à 1 700 mètres d’altitude. Il contient moins de caféine que le Robusta qui est essentiellement produit en Afrique, en Asie et au Brésil. Le Robusta est corsé et amer quand l’arabica est plus doux et aromatique en bouche nous dit Esteban. Que voulez-vous ? On défend son produit.
« Utilisez-vous des pesticides demande Hugo ? » « Non jamais, uniquement des produits organiques » répond Esteban. Cette finca pratique la polyculture biologique et une production raisonnée respectueuse des sols.
En Colombie, quand on commande un café (où plutôt un Tinto), on vous sert une petite tasse de café filtré, un peu comme un americano. On trouve rarement d’expresso. Avec un peu de lait c’est un Perico o pintao. Et si vous voulez un café avec un peu de rhum, demandez un Carajillo.
Après le briefing du guide, nous enfilons un poncho et un chapeau pour faire plus local 😂 et nous partons pour une cueillette de 20 minutes. Esteban nous a donné un panier que nous portons à la taille et qui peut contenir un kilo de grains. Les plants de café sont entourés d’avocatiers et de bananiers qui les protègent des insectes et enrichissent les sols. Pour information, un cueilleur travaille environ douze heures par jour et gagne 1 000 pesos par kilo récolté (20 centimes d’euros). La cueillette se fait à la main. Les cueilleurs les plus rapides peuvent récolter jusqu’à 200 kilos en une journée et perçoivent donc une rémunération journalière de 40 €. C’est un bon salaire nous dit Esteban mais la plupart des cueilleurs gagnent moins. Avec la chaleur, les conditions de travail sont rudes. Hugo, Théo et Margaux adorent cette activité et récoltent plus où moins un kilo de grains chacun. Les rouges uniquement. Difficile de tenir debout à flanc de montagne.


Nous revenons à la ferme et plusieurs étapes se succèdent auxquelles chacun de nous est associé : dépulpage (ou extraction), torréfaction, mouture…




Nous sommes restés environ deux heures et notre guide nous a tout expliqué (ou presque 😉) sur le café. Et puis à la fin nous avons goûté notre propre café. Un moment simple, authentique et donc inoubliable. ☕️

Infos pratiques : 55 000 pesos par personne (dès l’âge de 7 ans). Durée : 2 heures. Pour info, d’autres exploitations proposent le même tour mais sont souvent trop touristiques.
Merci à Esteban et à toute l’équipe Coffee Tour Luger pour se moment instructif et inoubliable.

Dernière précision, nous avons été piqués par des moustiques ou des puces et avons ressenti des démangeaisons intenses pendant deux jours. Beaucoup de voyageurs ont eu la même expérience en venant à Salento. Il faut donc impérativement vous protéger si vous venez dans le coin. Comment ?
Voici quelques conseils du service des maladies tropicales de l’hôpital de Lille :
– Porter des habits couvrants, amples et de couleur claire en coton ou en lin de préférence ;
– Sur les zones découvertes, appliquer du répulsif (mais ni sur les mains, ni autour des yeux et de la bouche) ;
– La nuit, il faut parfois utiliser une moustiquaire (qu’il est préférable d’imprégner de répulsif). La climatisation ou un ventilateur peuvent aussi garder les moustiques à l’écart ;
– Rappelez-vous que le répulsif s’évapore avec la chaleur, le vent et la sudation et qu’il faut donc le rappliquer ;
– Si vous utilisez de la crème solaire, il faut l’appliquer en premier et attendre 15 minutes avant de mettre le répulsif.
– Il n’est pas toujours évident de trouver du répulsif efficace (pensez à en prendre avant votre départ). Tous les répulsifs se valent à condition qu’ils contiennent les produits suivants dans des proportions suffisantes :
DEET (diéthyltoluamide) : 30 à 50 % (attention, ce produit abîme bijoux et lunettes en plastique) ; c’est le produit le plus efficace en Colombie.
Picaridine KKR 3023 : 20% min. ;
IR3535 : 20 à 35% (grosses) ;
PMD (paramenthane 3,8 diol ;
Extrait d’eucalyptus : 20 à 30%.

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