RAJASTHAN
Jaisalmer : la « cité dorée » de la route de la soie

La ville de Jaisalmer n’est pas toujours proposée dans les itinéraires touristiques. Et pourtant… Nous allons vous expliquer pourquoi elle est incontournable. C’est la sixième étape de notre roadtrip au Rajasthan.
JOUR 9
Comment aller à Jaisalmer depuis Jodhpur ? En voiture, il faut 4h30 pour parcourir les 280 kilomètres qui séparent les deux villes. La route est en bon état mais il faut tout de même être vigilant. A cause des vaches et d’autres animaux qui squattent la voie, le 90km/h. est une limitation à ne pas dépasser. Sachez sinon que Jaisalmer dispose d’un aéroport et que des vols réguliers existent depuis Delhi et Jodhpur. On peut également s’y rendre en bus ou en train (liaisons fréquentes depuis toutes les grandes villes indiennes). A noter que le « Palace on wheels », le fameux train de luxe, dessert la ville.


Jaisalmer est une des portes d’entrée du désert du Thar. C’est une ville de 65 000 habitants située à moins de 100 kilomètres de la frontière pakistanaise. Avec Carcassonne, elle serait l’un des rares « forts vivants » au monde puisque un quart de la population vit dans l’enceinte fortifiée juchée sur la colline de Trikuta. Un projet de jumelage entre les deux villes est d’ailleurs actuellement à l’étude. Jaisalmer est une ancienne ville caravanière située sur la route de la soie, des épices… et de l’opium. Elle a été très prospère et garde encore aujourd’hui les traces architecturales de son prestigieux passé.
Ou dormir à Jaisalmer ? … et où manger ? Nous descendons au Tokyo palace. Nous avons choisi cet hôtel pour sa piscine mais…. elle n’est malheureusement pas praticable. A cause de la chaleur, l’eau est verte fluo 🐸… c’est souvent le cas en fin de période touristique. Les enfants sont vraiment déçus et il vrai qu’avec 45° un petit bain aurait été appréciable. Les chambres ont été récemment rénovées. Ce n’est pas le luxe mais c’est tout de même très confortable. Mis à part un couple de japonais, nous sommes seuls dans l’établissement. C’est la basse saison, les touristes ont déserté les lieux et nous prenons goût au calme ambiant. Sur le toit de l’hôtel, une terrasse ombragée offre une belle vue sur la vieille ville et sur le fort. Le restaurant de l’hôtel est très convenable. En parlant de repas, petite précision qui n’est pas un détail, depuis le début du voyage, aucun de nous 5 n’a été malade. Il faut dire que malgré les tentations, et contrairement à ce que nous faisons en Thaïlande ou au Cambodge, nous n’avons jamais gouté la street food. Notre guide nous a clairement mis en garde. Il avait sans doute raison. A chacun de voir…

Que faire à Jaisalmer ? Pendant la saison touristique, Jaisalmer est prise d’assaut par les touristes mais nous sommes en avril et la ville est particulièrement calme. Nous avons plusieurs choses à voir ici : le Fort doré, les temples jaïns situés dans l’enceinte fortifiée, le lac Gadi Sagar et les havelis, ces anciennes maisons de riches négociants.
Tôt dans la journée, pendant qu’il fait encore un peu frais, nous engageons la visite du Fort de Jaisalmer. Les premiers rayons de soleil illuminent les murailles de grès jaune et nous comprenons pourquoi il est appelé le « Fort doré ». Encore une fois, c’est la démesure. Construit au XIIe siècle, ce fort serait tout bonnement le plus grand du monde. Des murailles de 30 mètres ont été bâties sur un promontoire rocheux qui domine la ville basse du haut de ses 100 mètres. L’enceinte fortifiée ondule sur 5 kilomètres et compte 99 tours défensives. Depuis le sommet, nous avons une vue incroyable sur la ville et sur le désert du Thar où il est prévu de passer la nuit prochaine à la belle étoile.

Contrairement à la plupart des forts où personne n’habite plus, plusieurs milliers de personnes vivent ici intra muros. On y trouve donc des hôtels, de petites boutiques et de nombreux restaurants. C’est une véritable ville dans la ville. Nous passons devant les magnifiques façades du Raj Mahal, le palais royal ; il se visite mais nous préférons nous balader dans les ruelles de la citadelle.



La citadelle compte sept sanctuaires construits par de riches marchands entre le XIIe et le XVe siècle. Nous visitons le Temple jaïn de Chandraprabhu (entrée gratuite) et sommes heureux de revoir cette finesse architecturale qui nous avait tant émerveillé à Ranakpur. La coupole intérieure est magnifique. A l’étage, on peut contourner la salle principale qui n’abrite pas moins de 108 statues de marbre. Du sommet du temple, la vue sur la ville est magnifique.


Nous nous dirigeons ensuite vers le Temple Laxminathji (entrée gratuite) où une procession religieuse est en cours ; les adeptes prient et chantent au rythme d’une musique assourdissante. Par respect pour les croyants, nous préférons ne pas entrer.

Nous redescendons la colline. Au sud du Fort, à environ 1,5 kilomètre, se trouve le Lac Gadi Sagar. C’est un immense réservoir d’eau construit au XIIe siècle par le fondateur de la ville. Ce lac artificiel compte plusieurs chhatris, de petites structures en formes de kiosques coiffées de dômes. Ces constructions sont typiques de l’architecture indienne et sont symboles de fierté. Plutôt instagrammable, non ?

L’accès au lac se fait par un porche magnifique, le Tillon Ki Pool. L’endroit est charmant. Il y a de petits temples et des sanctuaires sur les rives. Des balades en bateau sont possibles mais nous sommes en basse saison et ils sont immobilisés.

Ville caravanière, Jaisalmer compte d’immenses maisons de maîtres appelées havelis dont certaines sont encore habitées. Trois havelis sortent du lot. Le Moti Mahal et le Patwon Ji Ki sont en cours de restauration mais nous pouvons visiter le Nathmal Ji Ki qui passe pour être le plus bel Haveli de la ville. Construit au XIXe siècle, c’est un véritable chef-d’oeuvre architectural, un dédale de cours, de couloirs et de pièces. La façade est incroyable.

Nous souhaitons passer une nuit dans le désert du Thar. Anaïs entre en contact avec un des nombreux organisateurs de safaris que compte la ville. Nous avons déjà vécu cette expérience en Jordanie, dans le wadi rum et nous en conservons un merveilleux souvenir. Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas !
Infos pratiques : Nous avons trouvé notre guide en contactant le Relax Inn Hotel sans être obligé d’y loger. Notre contact est Aziz, le responsable de l’hôtel. Il est très réactif et propose des tarifs très attractifs (10 000 Rs pour nous 5 incluant le transport, le dîner, le petit-déjeuner et la ballade à dos de chameaux pour se rendre sur le lieu de camp). On vous recommande ++ de passer par ce prestataire.
Le désert du Thar s’étend sur 200 000 km2, soit 40% de la surface de la France. Au nord, ce sont les plaines du Penjab. Ce désert est également appelé Mârusthali qui signifie « Pays de la mort ». Ça calme 😱.
Nous partons en 4X4 en direction de Kuldhara, un village fantôme situé à 18 kilomètres de Jaisalmer. Au début du XIXe siècle, pour des raisons encore incertaines, les habitants ont brusquement fui les lieux. Ils auraient voulu éviter les représailles d’un chef local à qui le mariage avec une femme du village avait été refusé. Nous déambulons entre les ruines de plus de 500 maisons. Certaines ont été restaurées et on peut encore voir un temple et un puits à degrés plutôt bien conservés. Bon, c’est sûr,… si vous n’aimez pas les ruines, il ne faut pas venir ici. Nous, on a aimé ce lieu, … une sorte de Pompéi indien.



Amine, notre guide, est plein d’humour et imite à la perfection les touristes de différentes nationalités. Tout le monde en prend pour son grade : français, allemands, espagnols, … Il est vraiment cool et répète inlassablement : « No worry, no curry, no chicken, no curry ». Il a conquis les enfants. Quand on lui demande quelque chose, il répond : « In India, all is possible but all is not always available now ». 😂
Nous reprenons la route… ou plutôt la piste. Autour de nous, c’est la steppe à perte de vue. Deux ou trois kilomètres plus loin, nous nous arrêtons pour monter des chameaux qui nous mèneront jusqu’au point de bivouac. Le soleil tape vraiment fort.





Une fois sur place, Amin allume un feu pour préparer un repas que nous prendrons à même le sol. Nous avons droit en prime à un beau coucher de soleil. Afin d’éviter toute rencontre impromptue avec un scorpion ou un serpent, nous dormirons à la belle étoile mais sur des lits installés au sommet d’une dune.


Apéro Time au Sunset ❤️

(Antoine de Saint Exupéry, Le Petit Prince).
La nuit s’est bien passée sous le ciel étoilé… au milieu du désert à perte de vue. Nous n’avons pas eu froid. Nous nous réveillons de bonne heure. Sous notre lit, des centaines de traces de scarabées. A un mètre des couchages, Théo repère un gros scorpion blanc. Le guide se précipite pour le tuer d’un coup de chaussures. Ils ne sont pas mortels mais leur piqûre est très douloureuse. Chacun décide de mettre ses chaussures 😅.


Nous levons le camp mais le 4×4 s’est enlisé et il faudra une heure avant de le désensabler et de quitter les lieux pour revenir à Jaisalmer.

Nous retrouvons notre guide et notre chauffeur. Hugo les aide pour fixer les bagages sur le toit et nous voilà repartis.
Prochaine étape ? Bikaner.

RAJASTHAN – ETAPE 8 : BIKANER
(1 jour)
Il faut un peu plus de 4h30 (sans les pauses) pour parcourir les 330 kilomètres qui séparent Jaisalmer de Bikaner. Nous traversons des paysages désertiques. Le jaune et le blanc dominent sous un soleil de plomb. Il fait 42° 🥵…
N’hésitez pas à lâcher un commentaire 😉
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