BOLIVIE
Trek en 4×4 du Sud Lipez au
Salar de Uyuni

Durée sur place (Période) : 4 jours-3 nuits (avril).
Dernière mise à jour de l’article : Octobre 2025.
Temps de lecture de l’article : 16 minutes.
JOUR 1
Nous sommes arrivés en Bolivie en bus de nuit en provenance de Salta en Argentine (voir notre article). Nous sommes partis de Salta à 2h00 du matin après avoir attendu pendant 4 heures le départ de notre bus initialement prévu à 22 heures (prix : 35 500 BOB / pers. avec la compagnie Balut). Après 7 heures de route et 420 kilomètres, nous arrivons enfin à La Quiaca, la dernière ville argentine avant la frontière bolivienne. Nous patientons deux heures dans la nuit et le froid en attendant l’ouverture du poste de garde. Des chiens errants pas toujours très rassurants nous tiennent compagnie. Une fois le poste frontière franchi, nous nous retrouvons dans la ville de Villazon où nous prenons un colectivo, un mini van de transport, qui nous amène à Tupiza (80 km ; 2h00 – Prix : 20 Bs / pers.).
Au passage de la frontière, on nous remet un papier qui atteste de la sortie et de l’entrée en Bolivie. Il faut le garder précieusement en cas de contrôle.
Nous arrivons exténués et la fatigue est accentuée par le fait d’être à 2 850 mètres d’altitude. Nous posons nos bagages dans notre logement puis prenons un petit déjeuner au marché couvert Gil Duran.
Si vous avez besoin d’aide pour planifier votre voyage, vous pouvez contacter directement Anaïs sur sa boite mail
anais-bonnier@orange.fr
Où dormir à Tupiza ?
Nous avons trouvé un appartement avec deux chambres situé près de la grande place et du marché central. Le confort est sommaire mais il y a une cuisine et un balcon. Prix : 54 € les deux nuits, petits-déjeuners inclus.
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Tupiza est une ville de 23 000 habitants située au creux des montagnes rouges de la vallée de la cordillères des chichas. La ville n’est pas très grande et on peut s’y promener à pied. On se croirait un peu dans le Far West et c’est d’ailleurs ici que Butch Cassidy et le Kid, les deux célèbres gangsters américains, ont braqué leur dernière banque. Le manque d’oxygène se fait sentir : petits vertiges, essoufflements… Une journée suffira à nous habituer… en fin sauf pour Théo, notre fils de 13 ans, qui a un peu plus de mal.
Le temps est dégagé et il fait 17 degrés. Il n’y a pas grand chose à faire à Tupiza mais c’est juste le point de départ pour le Sud Lipez et le salar de Uyuni. Nous faisons un tour sur la plaza Independencia et au marché couvert où il est possible de manger pour deux fois rien.
Où manger à Tupiza ?
Outre le marché couvert, on a testé deux bons restaurants :
– Le Marcelina : c’est un petit restaurant où l’on peut manger des hamburguesas entre 12 et 30 BOB ou des plats traditionnels boliviens entre 25 et 45 BOB : Costeleta de Llama (45), Pique macho (35 Bs)…
– On a également testé le Green planet qui propose une cuisine healthy : soupe, maïs, crudités, plat principal et jus de fruits pour 39 BOB par personne. Les enfants n’ont pas trop aimé mais Anaïs et moi avons beaucoup apprécié.
JOUR 2
Anaïs et Margaux (12 ans) sont parties de bonne heure pour faire une randonnée à cheval. La balade permet de passer par des spots sympas : la porte du diable, le canyon des incas et la vallée des machos qui doit son nom à la forme phallique des roches. Elles vous recommande cette activité ❤️.
Infos pratiques sur la randonnée à cheval : Durée : 3 heures au pas (avec possibilité de partir au galop). Nous avons réservé avec Hugo pour 150 BOB par personne.
N’ayant toujours pas récupéré du long trajet de la veille, nous traînons tout l’après-midi en ville. Il est possible de monter à pied au Mirador Corazon de Jesus d’où l’on a une belle vue sur la ville ! Nous rencontrons Hernan, notre guide, qui va nous briefer sur le programme des quatre jours à venir dans le Sud Lipez.
JOUR 3
Nous nous levons à 6h30 et quittons Tupiza vers 8h00 le temps de déjeuner et de charger nos sacs à dos sur le toit de l’énorme 4×4 Toyota de notre guide. Une grosse citerne d’essence a été installée sur le toit du véhicule. Hernan est très chaleureux et parle un espagnol accessible aux enfants. Il est impossible de s’aventurer dans le Sud Lipez sans guide. Les routes sont dangereuses et il n’y a pas de panneaux d’indication. Le risque serait vraiment trop grand de se perdre dans les immenses espaces de l’Altiplano.
Infos pratiques sur l’excursion dans le Sud Lipez :
– Prix du guide : 1 350 Bs /pers. pour un groupe de 5 (prix dégressif en fonction du nombre). Outre le transport, le prix comprend tous les repas et une douche chaude pour 3 jours (10 Bs par douche supplémentaire). Il ne comprend pas l’entrée au parc Sol de Mañana (150 Bs/pers. – gratuit pour les moins de 10 ans), l’accès à la ciudad de encanto (10 Bs), l’accès aux ruines de Lipez (15 Bs), l’accès aux bains thermaux (10 Bs) et l’accès à l’île Inca Wasi (30 Bs). Ce sont donc au total 220 Bs qu’il faut rajouter au prix du guide.
– Conseil : Il est important de trouver un bon guide car les routes sont très dangereuses à certains endroits. Les accidents ne sont pas rares et il faut garder sa ceinture toujours attachée. N’hésitez pas à sortir du véhicule quand le conducteur négocie des passages délicats.
– Nous avons contacté Hernan en direct (WhatsApp +59167910668). On le recommande sans hésiter ❤️. Il est au top.
Nous partons pour un long trajet de 210 kilomètres et Hernan nous annonce dix heures de voiture. La route est sinueuse et non goudronnée. Les enfants appréhendent de passer autant de temps en voiture mais cela va passer plus vite que prévu étant donné la beauté des paysages que nous allons traverser. Dès la sortie de la ville, nous entrons dans un paysage de Far West et roulons sur une piste caillouteuse. Autour de nous, les montagnes rocheuses sont particulièrement impressionnantes. Notre guide est prudent car le risque d’éboulement est important suite aux fortes pluies du mois précédent. La Bolivie a été placée en état d’urgence et nous apprendrons plus tard que de graves accidents impliquant des touristes ont eu lieu.

Des lamas par dizaines nous regardent passer. Ils portent aux oreilles de jolis rubans colorés qui permettent à leurs propriétaires de les reconnaître. Il y a aussi des alpagas et des vigognes. Nous nous engageons sur une piste de montagne qui nous fait rapidement arriver à 4 000 mètres d’altitude. Au milieu de nulle part se trouvent des habitations isolées et nous nous demandons vraiment quel est le quotidien de gens vivant si éloignés des villages. Peu de choses poussent ici mis à part du quinoa et des pommes de terre. Les plaines s’étendent autour de nous à perte de vue et c’est assez difficile de décrire ce que l’on ressent quand on y marche. Le silence est saisissant.

Vers 11h30, nous arrivons à Pueblo Cerrillos (4 234 mètres) où nous allons manger dans une salle commune. Notre guide a préparé des escalopes milanaises, du riz et une salade de crudités. Hugo (15 ans) et Théo (13 ans) jouent au football avec les enfants du village mais le souffle leur fait vite défaut à une telle altitude. Margaux m’accompagne pour visiter le village et nous passons dans d’étroites ruelles en terre battue. Les maisons sont construites en argile.

Après le repas, nous reprenons la route et nous arrêtons au Mirador rio San Pablo le temps de faire quelques photos.
Vers 16h00, nous arrivons au village de ruines de Lipez qui est identifié sur les rares panneaux d’indication comme Pueblo fantasma. Nous sommes sur un ancien site minier espagnol où des esclaves travaillaient au péril de leur vie pour extraire l’argent du sol. Le guide nous propose de descendre dans une mine mais nous préférons décliner devant le peu de sécurité apparente. Il faudra toutefois bien descendre puisque Hugo a eu la bonne idée de laisser glisser son portable au fond du trou 😱. Théo me fait remarquer que le souffle lui manque. Il faut dire que nous sommes désormais à 4 690 mètres d’altitude. Pas question de courir !

Nous déambulons une trentaine de minutes entre les habitations en ruines. Il y a les vestiges de deux églises dont l’une était la plus grande de la région à l’époque.
Petit arrêt au Mirador de la Laguna Morejón pour prendre quelques photos. On se sent vraiment petits. Vers 17h40, nous arrivons à 4 855 mètres au Mirador du volcan Uturunco. Nous faisons face à un très beau lac de montagne dans la perspective duquel se trouve à l’horizon le volcan Uturumcu qui culmine à plus de 6 000 mètres.

Copyright StéphaneGounon
Nous entrons dans la Réserve nationale de faune andine Eduardo Abaroa (prix : 150 BOB / pers.) et arrivons vers 19h00 au village de Quetena chico où nous allons passer la nuit à 4 191 mètres d’altitude. Le village est désolé. Huit cents personnes vivent ici dans des habitations sommaires et affrontent de rudes conditions : le froid, l’altitude, l’isolement, une agriculture réduite à sa plus simple expression. Pas grand chose ne pousse ici à part le quinoa. Les murs des maisons sont en adobe, un mélange d’argile et de paille, et des tôles ondulées font office de toit. Pour donner une idée de l’isolement, nous sommes à 541 kilomètres de Potosi, le chef-lieu du département.

Nous allons dormir dans un gîte avec deux couples de français avec lesquels nous sympathisons et jouons aux cartes pour passer le temps. Le sol est pour partie en ciment et en terre compactée. La seule pièce chauffée est la cuisine où nous allons faire un tour de temps en temps pour nous réchauffer. Théo montre de premiers signes du fameux MAM, le fameux « Mal Aigu des Montagnes » : maux de tête, courbatures, vertiges, vomissements… et va se coucher sans manger. Il refuse de mâcher des feuilles de coca qui auraient pu stimuler son système respiratoire. Anaïs, Margaux, Hugo et moi allons dîner. Notre guide se joint à nous. Au menu : soupe, gratin de pommes de terre et viande de bœuf. Il faut du courage pour prendre sa douche car l’eau est glacée et la température extérieure est rapidement tombée en dessous de zéro. Le monticule de couvertures sur chaque lit nous donne une idée de la température qu’il va faire cette nuit et nous sommes heureux d’avoir nos vêtements techniques. Nous passons la nuit tous les cinq dans une chambre sans chauffage ni isolation et dormons avec chaussettes, pantalons et bonnets.
JOUR 4
Lever à 6h30 pour prendre le petit-déj et partir vers 7h30. Notre guide ne rigole pas avec le timing 😉. Nous passons devant un enclos de lamas à proximité d’une ferme. Ils dorment avec leurs petits et nous pouvons nous en approcher lentement.

Nous arrivons vers 8h30 à la Laguna Kollpa, une magnifique lagune où se trouvent des centaines de flamands roses. Nous restons une heure sur place pour admirer ce paysage incroyable. On se croirait sur la lune et nous sommes seuls à l’exception de deux 4×4 qui nous suivent de loin. Il y a ici un silence absolu mis à part le bruit du vent.


Vers 10h00, nous arrivons sur le site des eaux chaudes : Laguna Salada. Nous nous mettons en maillots de bain et plongeons dans une eau à 38 degrés où nous resterons une trentaine de minutes, la durée maximale conseillée. Les eaux chargées en minéraux ont d’importantes propriétés thérapeutiques. C’est un délice de se baigner dans des eaux chaudes à 4 300 mètres mais malheureusement Théo n’a pas la force de se joindre à nous. Le problème est qu’il refuse de boire par peur de vomir alors que l’hydratation est primordiale dans ce cas. Les bonbons de coca que nous avons acheté ne semblent pas faire effet.
Il est 11h00 quand nous arrivons dans le désert de Dali. C’est un spot désertique où les rochers rappellent en effet certaines formes que l’on retrouve dans les toiles du peintre.

A 11h40, nous passons à la hauteur de Laguna blanca où nous prenons quelques photos sans sortir de la voiture car il faut respecter le timing. Notre guide veut en effet que nous soyons à Laguna verde avant midi car c’est à ce moment là qu’elle a sa couleur verte la plus intense.



A 13h00, nous retournons à Laguna Salada, le site des eaux chaudes, pour déjeuner. Théo ne va pas mieux et Anaïs commence elle aussi à avoir quelques nausées et des maux de tête.
Une fois le repas terminé, nous reprenons la route et nous nous arrêtons à 14h30 sur le site des geysers. La forte odeur de souffre combinée avec le peu d’oxygène ne rend pas cette halte particulièrement agréable. Nous restons 10 minutes sur place à observer les fumerolles sortant de terre. Le site est assez petit et les geysers moins impressionnants que ce que nous imaginions. Il n’en reste pas moins que le phénomène est vraiment atypique.

A 15h30, nous arrivons à Laguna colorada et restons une bonne heure sur place. Le spot est impressionnant. La lagune rouge est immense et l’on se croirait cette fois-ci sur Mars. Le vent souffle avec une rare violence.


Vers 17h00, nous arrivons au refuge de pueblo Villamar. Nous allons avoir encore plus froid que la nuit précédente en dépit d’un monticule incroyable de couvertures qui nous empêche de bouger. Le groupe électrogène nous fournit de l’électricité pendant trois heures seulement. C’est le moment de prendre l’unique douche chaude à laquelle nous avons droit pendant le circuit. L’eau n’est en réalité mas si chaude que cela et la douche est limitée à quelques minutes.
JOUR 5
Réveil à 6h45 et départ à 7h30 après avoir chargé le 4×4. Le salar de Uyuni étant inondé, notre chauffeur adapte l’itinéraire car nous devions initialement aller sur l’île Incahuasi qui se trouve au milieu du salar. Ce ne sera pas pour cette fois. Nous nous arrêtons sur un spot où se trouvent d’étonnantes formations volcaniques dans lesquelles chacun voit un peu ce qu’il veut. Voyez-vous comme Anaïs un cochon à l’extrémité droite du rocher ?

A 9h00, nous nous arrêtons à Laguna Cachi. Des centaines de flamands roses survolent la lagune avec comme toile de fond les cimes enneigées de l’Altiplano. Nous reprenons la route et marquons encore un arrêt pour observer les fumeroles d’un volcan semi-actif. 🌋 Pas si courant que ça…
A 11h00, nous sommes sur le spot de la Laguna negra puis roulons vers le village San Cristobal où nous allons prendre notre repas dans un restaurant à moitié achevé. Le village se situe en bord de route et n’est pas très accueillant. On se croirait un peu dans walking dead…

Après le repas, nous allons en direction du cimetière de trains de Uyuni. Nous y restons une petite heure à déambuler entre les locomotives et les wagons abandonnés . C’est un spot assez unique en son genre et paraît-il très connu dans le monde de l’urbex.

A 16h30, nous arrivons sur le site du fameux Salar d’Uyuni, le point d’orgue de notre circuit 😍. C’est le plus grand désert salé du monde. Il s’étend sur 10 500 kilomètres soit l’équivalent de l’île de France.

Juste le temps de poser nos sacs et de louer des bottes (15 BOB/pers.) et nous partons en voiture (15 minutes) pour aller admirer le coucher de soleil à 18h30. Le Salar est inondé sur 20 centimètres de hauteur. Nous sommes un peu déçus de ne pas voir les croûtes de sel mais l’absence de vent nous permet toutefois de profiter de l’incroyable effet miroir du lac. Il y a un silence absolu et peu de touristes. Les autres 4×4 sont à bonne distance de nous.
Pendant que nous nous baladons sur le site, notre guide installe la table pour l’apéritif. Sans doute, un de ceux dont nous garderons le souvenir le plus incroyable.



Nous allons passer la nuit à l’Hostal de sal Condorito, un hôtel de sel vraiment sympa. Théo va évidemment lécher les murs pour vérifier 😂. Nous mangeons avec Brice, Marie, Charlène et Léandre que nous avions déjà croisés dans le Sud Lipez. Excellente ambiance 🤩.

JOUR 6
Réveil très matinal à 5h00 pour partir 30 minutes plus tard et assister au lever de soleil sur le Salar. C’est certain qu’il ne fallait pas manquer ça ! C’est assez difficile à décrire. L’immensité, le silence, nous… et rien d’autre. En plus, la météo est de la partie. Le soleil se lève et nous nous taisons pour profiter de cet instant suspendu. Inoubliable !

Nous allons manger dans une grande salle commune à proximité du monument rappelant le passage du Paris-Dakar à Uyuni en 2015. Les chaises et les tables sont en sel.




Comme tout le monde, il fallait bien que nous nous prêtions au jeu des « photos perspectives » et notre guide n’a pas manqué d’imagination. 😳


Retour à l’hôtel pour déjeuner puis direction la gare routière à 14h00 pour prendre un bus en direction de Sucre, la capitale de la Bolivie. Nous allons mettre 11h00 pour parcourir les 530 kilomètres avec une escale à Potosi.
Les adieux avec Hernan, notre guide, sont émouvants. Nous avons passé ensemble quatre jours inoubliables.

BOLIVIE – Etape 2
SUCRE (4 jours)
Sucre, la capitale de la Bolivie, doit son surnom de « ville blanche » à ses maisons blanchies à la chaux. Joyau architectural, ses rues pavées mènent à des églises baroques, à de magnifiques places… et à d’excellents restaurants gastronomiques.

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