MAROC
Incroyable trek de 4 jours dans le Sahara avec l’agence « Mélodie du désert »

Durée sur place : 6 jours & 5 nuits.
Période : Février 2026.
Temps de lecture : 21 minutes.
Dernière mise à jour : Mai 2026.
Crédits photos : ©️ Stéphane Gounon
Cela faisait pas mal de temps qu’Anaïs et moi avions envie de faire un trek dans le désert. Partir en méharée, suivre les dromadaires dans les dunes dorées, traverser des hamadas et des ergs sans fin, dormir sur le sable à la belle étoile et s’immerger dans la vie nomade sahraouie.
Après nos séjours dans le désert du Wadi Rum en Jordanie et dans le désert du Thar au Rajasthan (Inde), le Sahara était devenu un nouvel objectif.
👉 JORDANIE : Magie d’une nuit en famille dans le désert du Wadi Rum
👉 RAJASTHAN : Visiter Jaisalmer et passer une nuit dans le désert du Thar
Un trek dans le Sahara ne s’improvise pas et il fallait trouver une agence sérieuse pour nous accompagner. Les avis sur « Mélodie du désert » sont excellents et c’est avec cette agence que nous avons souhaité partir. Karen, la gérante, est géniale et nous a donné toutes les informations nécessaires à la préparation du séjour. Le site internet de l’agence est une mine d’informations (cliquez ici pour accéder au site).
C’est rare mais Anaïs et moi sommes partis cette fois-ci sans nos trois enfants. Une belle parenthèse entre amoureux s’offre à nous.
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Parmi tous les treks proposés, nous avons choisi une méharée de difficulté intermédiaire de 6 jours et 5 nuits : 4 nuits en bivouac nomade au cœur des dunes et une nuit au campement fixe de M’Hamid.
Est-il prudent de s’aventurer dans le Sahara avec des enfants ?
Contrairement au Sahara occidental (beaucoup plus au sud) qui est placé en vigilance renforcée sur le site de France Diplomatie, le désert pré-saharien de la vallée du Drâa n’est pas du tout considéré comme une zone dangereuse. C’est même aujourd’hui une destination touristique recherchée. Aucun problème de sécurité signalé dans cette partie du Sahara. Les treks ont lieu dans une région frontalière où des militaires sont constamment présents.
Le trek est-il accessible aux enfants ?
Le trek dit intermédiaire est accessible aux enfants dès 5 ans. Notre groupe comprenait des jeunes de 7 à 15 ans qui n’ont eu aucune difficulté à marcher 4 à 5 heures par jour. En cas de fatigue, les enfants (et même les adultes) ont toujours la possibilité de monter en selle sur les dromadaires.
Risque-t-on de croiser des animaux dangereux ?
Nous n’avons vu ni vipères à cornes, ni scorpions et n’avons même pas hésité à marcher pieds nus. Les scarabées sont les seules bestioles que nous avons croisées par centaines. Nous avons vu des traces de gerboises (petits rongeurs), de fennecs et même de gazelles… sans malheureusement les apercevoir. Le matin et le soir, de grands corbeaux planaient sur les dunes.
JOUR 1
De Marrakech à M’Hamid El Ghizlane
Anaïs et moi sommes à Marrakech depuis 2 jours. C’est une ville que nous connaissons très bien. Il faut dire qu’avec une liaison directe depuis Lille, ce serait dommage de ne pas y aller. On vous laisse cliquer sur le lien suivant si vous voulez avoir le descriptif de notre Walking Tour dans la « ville rouge ».
👉 MAROC : Plan de visite de 4 jours en famille à Marrakech


Rendez-vous nous nous est donné à 7h00 devant le « Café de France » sur Jemâa El-Fna, la place centrale de Marrakech. Nous nous présentons au chauffeur de l’agence et mettons nos bagages dans le minibus. Nous sommes onze à prendre part à l’aventure : 3 couples et 5 enfants de 7 à 15 ans.
Vers 8h00, une fois que tout le monde est arrivé, nous quittons Marrakech en direction du sud-est 🚐. Yallah !! Un long trajet nous attend puisqu’il va nous falloir 7h30 (sans les pauses) pour parcourir les 450 kilomètres qui doivent nous mener aux portes du Sahara dans le village de M’Hamid El Ghizlane. La route nationale (RN9) que nous empruntons est magnifique. C’est paraît-il l’une des plus belles traversées du sud marocain.
A 9h00, après une heure de route, nous faisons une pause près de Touama, un petit bourg situé à 700 mètres d’altitude au pied du Haut Atlas. C’est le point de départ de pas mal de pistes vers les villages berbères situés dans la montagne. Nous nous arrêtons seulement 30 minutes le temps de nous dégourdir un peu les jambes et de boire un thé.
Après cette petite escale, la route devient vite très sinueuse. Les lacets se succèdent pour nous faire franchir les contreforts du Haut Atlas et de passer Tizi n’Tichka, le plus haut col routier du Maroc (2260 mètres). C’est sans doute le passage le plus spectaculaire du trajet.
A 10h00, notre minibus s’arrête à nouveau quelques minutes au niveau d’un belvédère pour nous permettre de prendre quelques photos. L’air est plutôt frais et nous profitions d’une vue splendide sur les contreforts montagneux enneigés de l’Atlas.


Une fois passé l’Atlas, nous traversons des villages berbères adossés aux collines : Aguelmouss, Ighrem, N’ougdal puis Agouim. Ils tirent leur couleur ocre du pisé, une terre argileuse humide et compactée dans des coffrages en bois avec laquelle ils sont construits.
Nous passons sans transition d’un climat montagneux à un climat aride. Les couleurs oscillent entre le rouge, le gris clair, le brun et nos yeux découvrent derrière les vitres du bus des paysages spectaculaires : d’immenses falaises rouges, des crêtes minérales vertigineuses, des oueds asséchés sans fin, des palmeraies et des kasbahs.
A 11h30, nous arrivons à la célèbre Kasbah de Aït Ben Haddou. Nous allons nous y arrêter 2h00 pour visiter ce ksar fortifié classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (tarif d’entrée : 20 Mad).

C’est ici qu’ont été tournés de nombreux films : Gladiator, Lawrence d’Arabie, Astérix, La Momie… et même un épisode de Game of Thrones.
On a vraiment l’impression de remonter le temps en traversant l’oued Ounila pour rejoindre la ville fortifiée. Nous entrons dans la Kasbah par une porte flanquée de tours puis grimpons par d’étroites ruelles vers le sommet du ksar. Toutes les maisons berbères sont faites en pisé d’argile.
Depuis notre passage en Colombie, et plus précisément à Barichara, nous sommes des pros de cette technique de construction.
Notre article :
COLOMBIE : Atelier de contruction durable à Barichara
Depuis le sommet du Ksar, la vue sur la vallée de l’Ounila et sur les immenses palmeraies est véritablement magnifique. Les membres de notre petit groupe commencent à faire connaissance et certains achètent des cheichs en prévision du trek qui nous attend.

Nous reprenons la route vers 13h30 et traversons des paysages de plus en plus désertiques au fur et à mesure que nous avançons dans la vallée du Drâa. Nous roulons en direction de Ouarzazate qui est surnommée la porte du désert. De temps en temps, d’immenses palmeraies surgissent au milieu de l’oued.
Vers 15h00, nous nous arrêtons pour déjeuner dans un bel établissement avec piscine. Au menu : grande salade de crudités, tajine de poulet et immense coupe de fruits. Un vrai festin !
Nous reprenons la route. Ce sont encore des vallées desséchées, des palmeraies, des montagnes ocres rappelant celles du Grand Canyon. Après Zagora, la route devient plus austère, les palmeraies de plus en plus rares et le sable fait son apparition sur le bas-côté de la route.
Nous arrivons enfin à M’Hamid El Ghizlane qui veut dire « La plaine des gazelles » en arabe. C’est le dernier village accessible par la route avant les grands ergs du Sahara. La route goudronnée s’arrête ici. Nous descendons du minibus et grimpons dans des 4×4 pick-up pour rejoindre le campement fixe de l’agence « Mélodie du désert » à 7 km à l’ouest de M’Hamid. C’est là que nous allons passer la nuit.
Après 20 minutes sur une piste de sable, nous arrivons au bivouac situé entre la palmeraie du village de M’Hamid et l’erg Douib.





Il est 20h00 et cela fait 12 heures que nous avons quitté Marrakech 😣. Nous sommes à 24 kilomètres seulement de la frontière algérienne… et une fresque peinte sur un mur nous indique qu’il faudrait 50 jours de marche pour rallier Tombouctou au nord du Mali.

Nous prenons possession de notre bungalow, préparons nos sacs de randonnée et rejoignons une salle commune pour manger avec le groupe qui va faire le trek avec nous. Nous sommes en plein Ramadan et rompons le jeûne avec une la harira, une soupe traditionnelle à base de tomates, de pois chiches et de lentilles. Nous enchainons avec un excellent tajine de poulet et des fruits en dessert.
Les quatre bédouins qui vont nous accompagner viennent se présenter à nous et nous font un petit briefing en français. Ils sont forts sympathiques et le courant passe très vite. Après le diner, nous nous regroupons à l’extérieur autour du feu de camp pour écouter de la musique berbère et savourer un délicieux thé à la menthe. Deux bédouins jouent de la guitare et de la darbouka, un instrument de percussion en peau de bête. Nous sommes tous exténués 💤🥱 par le long trajet de la journée et ne tardons pas à regagner notre bungalow. Juste avant de nous coucher, nous prenons une douche d’eau chaude et salée… la dernière avant 5 jours.

Quelques conseils relatifs à l’équipement à emporter :
Le site de « Mélodie du désert » indique ce qu’il convient de prendre mais nous insistons ici sur quelques aspects :
– Évitez absolument T-shirts et shorts si vous voulez éviter de douloureux coups de soleil. Une chemise blanche avec des manches longues et un pantalon vous protégeront du soleil et vous éviterons de vous enduire régulièrement de crème solaire. D’autant qu’il n’est vraiment pas conseillé de mettre de la crème pendant 5 jours sans prendre de douche.
– Le cheich est la meilleure solution pour se protéger du soleil, du sable et du vent. Les trekkeurs qui n’en n’ont pas peuvent en acheter sur place pour 50 dirhams au camp de base de l’agence.
– Concernant les chaussures, il y a plusieurs écoles. Les bédouins marchent avec des sandales à semelles épaisses. Nous avons peut-être fait l’erreur de délaisser les chaussures de trek au profit de baskets légères. Ce n’était pas l’idéal car le sable nous obligeait à vider nos chaussures trois à quatre fois par jour. Il faut éviter les chaussettes basses et préférer des chaussettes de randonnées qui éviteront au sable de rentrer.
– Bâtons de randonnée : pas indispensables mais utiles pour accompagner l’effort dans les dunes de sable.
– Liner (duvet léger) : les sacs de couchage fournis par « Mélodie du désert » sont très propres mais il est toujours plus confortable de dormir dans son propre sac interne de couchage.
– Papier toilette… et briquet pour les bruler et limiter la pollution des sols.
– Lampe frontale : indispensable.
– Lingettes hygiéniques biodégradables. Très utiles quand on ne peut pas prendre de douche pendant 5 jours.
– Un baume à lèvres et une bonne crème hydratante. Le climat désertique est extrêmement sec. Les lèvres, les mains et les pieds (surtout quand on marche pieds nus) deviennent vite très secs et nous étions ravis de pouvoir les hydrater.
JOUR 2
18 km dans l’oued Drâa
Nous nous levons vers 6h30. C’est notre premier jour dans le désert et le campement de base se réveille peu à peu. Le soleil brille et il n’y a pas un seul nuage. Nous nous dirigeons vers le local commun où un petit déjeuner très copieux nous est servi. Les bédouins viennent nous saluer et attachent nos sacs sur les six dromadaires qui composent notre caravane. Chacun est chargé de 150 kilos de matériel : tentes, bagages, couvertures, nourriture, eau… Nous n’allons pas tarder à partir et il règne une certaine excitation. Nous nous mettons en marche vers 8h00. L’aventure commence enfin…


Nous quittons M’Hamid par le sud-est et marchons dans l’oued Drâa. C’est une zone étendue, peu fréquentée par les touristes et le sentiment d’isolement se fait vite ressentir. Yassin, le chef de la caravane, nous montre des fossiles incrustés dans les pierres. Nous traversons une Hamada, un immense plateau désertique de cailloux, de dalles rocheuses, de graviers et d’argile craquelée. Nous progressons lentement dans un paysage minéral infini.
Au bout d’une heure, nous apercevons au loin les premières dunes de sable de l’erg Chegaga. Il s’agit pour l’instant de dunes basses et aplaties. A l’Est, des contreforts rocheux foncés marquent la frontière avec l’Algérie. Nous n’en sommes qu’à une quinzaine de kilomètres.


Vers 10h00, nous faisons halte et nos guides nous offrent des cacahuètes, des dattes et des oranges pour nous requinquer. Nous reprenons notre route et nous ne nous arrêterons qu’après avoir parcouru les 13 kilomètres qui nous mènent à l’endroit où nous allons bivouaquer. A 12h00, nos caravaniers s’arrêtent, montent trois grandes tentes nomades type Khaima à proximité d’un grand tamaris et préparent le repas. Ils déroulent un grand tapis rouge sur lequel nous allons déjeuner. Au menu : grande salade de riz, tomates, poivrons, pommes, concombres, pommes de terre, sardines et tranches d’oranges saupoudrées de cannelle.

A l’issue du repas, nous gagnons les tentes pour nous reposer pendant deux heures à l’abri de la chaleur et du soleil. Il fait 29 degrés avec un ressenti à 35 car le sol désertique renvoie la majeure partie du rayonnement solaire. Les dromadaires sont laissés en liberté autour du bivouac mais leurs entraves ne leur permettent pas de trop s’éloigner.
Vers 16h00, la température redescend un peu et nous repartons pour 5 kilomètres. Même si la région est très aride, les rares pluies permettent quand même à quelques végétaux de pousser. Il y a de grands tamaris qui peuvent atteindre 8 mètres, de la camomille sauvage (appelée Guertoufa) et de grands acacias qui nous permettent de nous protéger du soleil. Au sol, de l’armoise forme de grandes touffes bleutées. Elle a une odeur très agréable et peut même se boire en infusion.


Vers 18h00, nous assistons à un magnifique coucher de soleil sur les dunes puis revenons au bivouac où nos caravaniers ont allumé un feu et nous accueillent avec un thé. Il était l’heure pour eux de rompre le jeûne.
Nous avons parcouru 18 kilomètres en tout dans la journée. Au loin, nous apercevons les « dunes hurlantes » où nous serons demain. Elles tirent leur nom du bourdonnement qui se produit quand le chergui, le vent du Sahara, se lève. Je demande à Yassin à combien de kilomètres elles se trouvent. Il me répond que dans le désert on ne compte pas les kilomètres mais la durée. « Elles sont à 5 heures de marche » me dit-il.

Nous dinons vers 21H00 assis sur un grand tapis rouge déroulé sur le sable. Au menu, du tajine de poulet, des crudités, du pain de braise et les fameuses oranges à la cannelle dont on ne lasse pas. A l’issue du repas, les bédouins entonnent des chants et nous soumettent des énigmes. « Quand on me nomme je n’existe plus. Qui suis-je ? » nous demande Mohamed. L’ambiance est rieuse. Les « Qui suis-je ? » se sont enchainés longtemps.

A l’heure d’aller se coucher, le choix est laissé à chacun de dormir sous tente ou en extérieur. Anaïs et moi préférons dormir à l’extérieur sur des matelas de 5 centimètres posés sur le sol. « Mélodie du désert » loue des duvets très efficaces et, en dépit d’une température nocturne de 5 degrés, nous n’avons pas du tout eu froid. Quel privilège de s’endormir allongés dans le sable avec les yeux dans les étoiles !
JOUR 3
17 km… toujours dans l’erg Chegaga
Le deuxième jour dans le désert suit le même rituel que le premier. Réveil vers 6h30, petit déjeuner avec le groupe puis départ de la caravane. Tout est parfaitement organisé.



Comme toujours, Yassin, notre chef caravanier, est en tête et ouvre le chemin. Nous marchons comme la veille dans une immense Hamada, un plateau aride de terre craquelée et de cailloux. Comment Yassin parvient-il à se repérer ? En regardant les étoiles nous dit-il en riant. 😂 Non, en réalité, les dunes les plus hautes lui servent de repères ainsi que les contreforts montagneux de la frontière algérienne. Au fur et à mesure de notre progression, la physionomie du paysage change et des dunes de sable de plus en plus hautes apparaissent. Yassin nous montre des traces d’animaux. Ici les empreintes d’un fennec, là celles d’une gerboise…

Nous sommes dans l’erg Chegaga. Il fait 40 km de long. C’est un immense champ de dunes en forme de croissants. Au fur et à mesure de notre lente progression, les dunes sont de plus en plus hautes et certaines dépassent même les 100 mètres.
En marchant en silence dans ce désert de sable, impossible de ne pas penser à Théodore Monod, le célèbre explorateur, ou à Saint Exupéry et à son petit Prince qui disait : « J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien, on n’entend rien. Et cependant quelques choses rayonne en silence ».
Vers 10h00, petite halte puis redémarrage jusqu’à 12h00 pour que nos caravaniers montent le bivouac et préparent le repas. Nous nous reposons sous les tentes en début d’après-midi au moment où la chaleur est la plus forte et ne repartirons que vers 16h00. Les marches de l’après-midi sont bien plus courtes que celles du matin. Il ne s’agit le plus souvent que de quelques kilomètres pour rejoindre un spot où l’on peut voir le soleil se coucher. Comment s’en lasser ?


Si cette deuxième journée était similaire à la première en terme de paysage, tout va changer demain. Nous serons dans l’erg Zahar pour rejoindre le spot des dunes hurlantes. Elles tiennent leur nom du bruit qu’elles font quand le vent souffle.
JOUR 4
14 km dans l’erg Zahar en direction des « dunes hurlantes«
6h30. Nous sortons la tête de nos duvets au moment même où le soleil apparaît à l’horizon. Le moment est magique. Il fait frais (pas plus de 13 degrés). L’écart de 20 degrés entre la nuit et le jour s’explique par le fait que l’air très sec (moins de 20% d’humidité) retient moins la chaleur que l’air humide. Des lueurs bleutées illuminent les dunes et il règne un silence absolu. Les bédouins ont allumé un feu pour faire chauffer de l’eau. Chacun s’habille et range ses affaires. Le petit déjeuner est servi à 7h30 : pain, confiture, picon (le « Vache qui rit » local), jus d’orange, thé à la menthe et café.

Départ à 8h30. Nous traversons un plateau désertique long et caillouteux puis arrivons dans l’erg Zahar, une vraie mer de sable où nous ne croiserons aucune autre caravane de toute la journée. C’est le désert tel qu’on se l’imagine traditionnellement. Des dunes et des dunes à perte de vue. Je demande à Yassin : « A quoi penses-tu quand tu marches ? ». Il me répond : « Je remercie Dieu pour tout ce qu’il m’a donné ».
C’est assez incroyable car Yassin semble marcher doucement mais nous avons du mal à le suivre. Il faut dire que nous nous arrêtons régulièrement pour prendre des photos et vider le sable de nos chaussures.
Vers 10h30, nous faisons une halte près d’un puits. Les dromadaires boivent et les bédouins nous proposent des dattes et des oranges. Nous ramassons quelques branchages pour alimenter le feu de la soirée et les mettons sur les dromadaires. A 12h00, c’est la pause déjeuner. Les bédouins montent les tentes et préparent le repas. Après le déjeuner, c’est quartier libre. Certains trekkeurs lisent, d’autres jouent ou en profitent pour faire siester.


Vers 16h00, nous repartons pour une marche de 2h00 aller-retour vers la dune hurlante de l’Erg Zahar. Haute de 150 mètres, elle est le point culminant de cette partie du désert. Il faut quelques efforts pour arriver au sommet. Nos pieds s’enfoncent profondément dans le sable. Il y a sur place une bonne centaine de personnes qui sont venues comme nous pour le coucher de soleil. Nous nous asseyons pour profiter d’une vue à 360° sur une véritable mer de sable. Le soleil est malheureusement partiellement caché à l’horizon par un halo de sable. La lune apparaît puis l’étoile du berger et la température baisse rapidement. Nous rentrons tous au camp en suivant notre guide.

Lorsque nous arrivons au camp, le diner est servi : soupe harira, tajine de poulet. On ne s’en lasse pas. Tout est parfaitement organisé.
JOUR 5
22 km dans l’erg Sidi Naji en direction de la Kasbah du marabout
Nous nous levons vers 5h30 pour profiter du lever de soleil mais le temps est brumeux. C’est raté. Comme d’habitude, nous préparons nos sacs puis déjeunons pendant que les bédouins démontent le camp. Nous nous mettons en route vers 8h00. Le temps est gris et le vent se lève. On l’appelle ici le chergui. C’est un vent fort, sec et très chaud (parfois plus de 40°), chargé de poussières et de sable.

Un immense nuage de poussière se forme à l’horizon derrière nous et annonce une tempête. Le vent de face devient de plus en plus fort et ralentit notre progression. Nous devons nous enrubanner avec nos cheichs pour nous protéger du sable qui nous fouette le visage. Le bruit du vent est assourdissant et nous empêche quasiment de communiquer. Chacun marche sous le vent tête baissée. Nous progressons ainsi pendant 22 km sans nous arrêter pour déjeuner vers 12h00. Nous nous arrêterons ensuite vers 15h30 en arrivant sur le lieu du bivouac.
Au bout d’une heure trente de marche nous faisons un stop au tombeau du marabout Sidi naji. C’est un lieu de pèlerinage pour les nomades sahraouis. Nous entrons dans la fragile construction en pisé pour nous abriter du vent qui souffle de plus en plus fort. Nous nous retrouvons face au sarcophage du marabout qui repose là depuis trois siècles. Dans la petite maison attenante se trouvent les tombes des membres de sa famille.


Prenez-garde si vous entrez car la construction menace ruine. Il ne reste plus ici que deux constructions et un puits définitivement asséché mais il y avait auparavant un village qui vivait de la culture des oliviers. Tout a disparu.
Nous reprenons la route vers notre campement. Le vent n’a pas cessé et se renforce même encore. Les plus jeunes des enfants sont montés sur les dromadaires. A 15h20, nous apercevons enfin notre bivouac. L’effort de la journée a été plutôt soutenu.


Notre aventure touche à sa fin et nous allons passer notre dernière nuit dans le désert. Comme d’habitude, nous allons manger sous les étoiles. Ce soir, nos caravaniers nous régalent non pas d’un pain à l’étouffé comme les autres jours mais d’un pain de sable cuit directement dans la cendre puis brossé. Un véritable délice !
JOUR 6
Retour au bivouac fixe de M’Hamid et départ pour Ouarzazate
C’est le dernier jour du trek. A 8h30, nous quittons le bivouac en 4×4 pour parcourir les 30 km qui nous séparent du bivouac fixe où nous avons commencé notre aventure.
A 10h30, nous passons par l’oasis de la porte du désert puis arrivons au campement de base. Terminus ! La boucle est bouclée et nous ressentons tous la tristesse d’une aventure qui s’achève. C’est avec plaisir que nous prenons une bonne douche. La première depuis 5 jours. Il est ensuite temps de rassembler nos bagages et de prendre le dernier petit déjeuner. A 12h00, c’est le moment des adieux avec les membres de notre groupe. La plupart retournent à Marrakech. Pour nous, c’est direction Ouarzazate où nous prendrons un taxi pour rejoindre Agadir puis Taghazout. Nous avons 7h00 de route devant nous. Mais ça, c’est une autre histoire…

BILAN DU TREK
– Distance parcourue : 71 km en 4 jours soit une moyenne de 18 km par jour.
– Excellente organisation générale : transferts, logistiques, repas…
– Bonne ambiance de groupe avec les autres trekkeurs.
– Grande convivialité des bédouins.
Bref… aucun point négatif à relever. Tout était au top.
Merci à l’agence « Mélodie du désert » 💚 pour cette parenthèse immersive dans le Sahara.
Voici les liens de nos différents articles sur le Maroc :

MAROC : 4 jours de trek dans le Sahara
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