PÉROU
Rallier le Machu Picchu par le Salkantay Trek

Crédits photos : @StéphaneGounon

Durée-Période : 4 jours (Avril).
Dernière mise à jour : Novembre 2025.
Temps de lecture : 11 minutes.

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Nous avions un rêve 🤩 : voir le Machu Picchu… mais nous voulions y aller à pied plutôt que de prendre le train ou le bus. Parmi les différents treks possibles nous avons opté pour le fameux Salkantay Trek. Comme le chemin de randonnée est bien balisé, nous l’avons fait en autonomie sans recourir à un guide où à une agence. Cela nous a fait économiser pas mal d’argent. Comme nous voyageons avec nos trois enfants de 12, 13 et 15 ans, nous avons également décidé de les épargner un peu et de faire le trek en refuge plutôt qu’en tente. Malgré une acclimatation à Cuzco pendant deux jours à 3 400 mètres (voir notre article), nous ne savions pas trop comment ils allaient réagir en fournissant un effort continu et intense en altitude. Théo et Margaux avaient eu le « mal aigu des montagnes » (MAM) quand nous étions dans le Sud Lipez et à La Paz à 3 640 mètres. Pour faire le Salkantay Trek, il faut marcher trois à quatre jours et parcourir 72 kilomètres menant au village d’Aguas Calientes, également appelé Machu Picchu Pueblo. Une bonne partie du parcours se situe à seulement 2 000 mètres d’altitude mais il faut tout de même passer le col du Abra Salkantay à 4 630.


JOUR 1

Comment se rendre au point de départ du trek ?
Nous sommes à Cuzco depuis deux jours et comme deux amis nous ont rejoints pour faire le trek, nous sommes désormais sept. Nous faisons le choix de réserver un van privé qui nous mène de Cuzco à Sorayapampa, le point de départ du trek. Nous avons laissé nos gros sacs à dos dans notre hôtel à Cuzco et viendrons les récupérer après le trek ; nous avons seulement pris nos sacs de randonnée avec juste le strict nécessaire.

Nous quittons Cuzco vers 10h00 et roulons pendant trois heures sur une route de montagne aussi belle que sinueuse. En arrivant à l’entrée du parc national, nous devons payer 20 soles par personne soit 5 €. Nous sommes passés de 3 400 mètres d’altitude à Cuzco à 3 900. Le van nous dépose là où la route s’arrête et nous devons continuer à pied pendant 20 minutes pour rejoindre notre lieu d’habitation, le Refugio Nacho. Nous marchons à flanc de montagne sur un sentier étroit et non sécurisé où nous pouvons à peine croiser les gens venant en sens inverse. Le précipice est vertigineux 😱. Nous arrivons enfin à notre refuge. Nous disposons d’une chambre commune de sept lits dans un baraquement surélevé en bois et non isolé. De la tôle ondulée fait office de toit. Il n’y a ni chauffage, ni prises électriques et les toilettes sont à l’extérieur. Pour se laver, un petit lavabo en plein air fera l’affaire mais mieux vaut ne pas trop craindre le froid car le matin les températures sont comprises entre 0 et 5 degrés. Il y a une salle commune pour prendre les repas. Le confort est donc spartiate mais cela correspond à l’aventure que nous voulions vivre.

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Infos pratiques sur l’auberge Refugio Nacho : Prix : 60 soles / pers. incluant un encas à 17h30, la nuitée, le diner et le petit-dé. Wifi et eau chaude non inclus. Surcoût : 10 soles / pers.

Infos pratiques :
Prix du transport en van de Cuzco à Soraypampa : 55 soles /pers.
Prix de l’entrée au parc national : 20 soles / pers.

Conseils pour le trek :
1 – Avant de partir, n’oubliez pas de télécharger maps.me ;
2 – Prenez du cash pour payer les auberges ;
3 – Prenez des barres de céréales et de l’eau (il y a quelques supérettes à proximité des auberges mais elles n’ont pas grand chose) ;
4- Prenez de bonnes chaussures de randonnées et un bâton de marche (cela peut vraiment être utile pour faciliter la progression).

Crédits photos : @StéphaneGounon

Pas question de rester au refuge à ne rien faire. Nous allégeons nos sacs secondaires au maximum, ne prenons que l’essentiel (eau, barres énergisantes, doudounes et ponchos au cas où le temps se détériorerait) et partons pour Laguna Humantay. C’est une sorte de mise en jambes et un test de résistance à l’effort en altitude pour nous et les enfants. De notre refuge au sommet, il y a 4,5 kilomètres avec un dénivelé positif de 345 mètres. En fonction des capacités de chacun, la montée dure entre 40 minutes et 1h30. Ça grimpe mais la randonnée est évaluée de facile à modérée en fonction de vos aptitudes. Tout au long de l’ascension le paysage est incroyable. Les enfants n’ont aucune difficulté et doublent même des marcheurs adultes et super équipés. Pas de problème non plus pour Anaïs. Moi, je ne parviens pas à trouver mon souffle et peine à avancer mais il y a peut-être une explication. On nous avait prévenu de manger léger en altitude et la veille j’ai mangé… une raclette 😱😂. J’avoue j’ai craqué mais c’était pas la bonne idée. J’ai vraiment eu du mal à trouver mon souffle mais ça n’a duré qu’une journée.

Une fois arrivés au sommet à 4 270 mètres, c’est la récompense. Nous contemplons un des plus beaux paysages du Pérou. Les couleurs de la lagune changent au gré des rayons du soleil. Nous restons assis là une heure à contempler le paysage.

Crédits photos : @StéphaneGounon

Nous redescendons en empruntant un chemin différent et plus court et passons au milieu d’un troupeau de chevaux semi-sauvages. C’est magique . Nous arrivons à notre auberge à l’heure de boire une petite bière. Nous avons fait 13 kilomètres au total. Le froid tombe rapidement et nous décidons de rentrer dans le petit réfectoire où un snack et des boissons chaudes nous sont proposés. Pour info, le soleil se couche à 17h30 au Pérou. A 18h30, le repas est servi : soupe, escalope de poulet et riz. Nous nous couchons de bonne heure car la journée de demain sera intense.


JOUR 2

Nous nous levons à 4h30 et nous nous mettons en marche à 5h50 après le petit déjeuner. Nous savons que la journée va être longue et techniquement éprouvante car l’ascension est notée de modérée à difficile. Nous avons 22 kilomètres à parcourir et le temps moyen estimé est de 8h30 (dénivelé positif : 793 – dénivelé négatif : 1700). Nous nous sommes levés trop tôt et aurions pu partir vers 7h00 mais nous n’avions pas de recul sur le temps qu’il nous faudrait et voulions impérativement arriver au prochain refuge avant le coucher du soleil à 17h30.

Crédits photos : @StéphaneGounon
Crédits photos : @StéphaneGounon

Tout le monde se met en route et est plutôt à l’aise sauf Émile, un ami qui nous a rejoint, qui souffre du mal de l’altitude. Il est très pâle et avance à une allure bien plus lente qu’à son habitude. Moi, je vais beaucoup mieux que la veille et j’ai retrouvé mon souffle après une nuit réparatrice. Il y a pas mal de monde sur le premier tronçon du trek mais je remarque qu’il n’y a aucun enfant de l’âge des nôtres. Ni Hugo, ni Théo, ni Margaux n’éprouvent de difficulté et ils caracolent en tête. Il faut dire qu’ils sont tous les trois sportifs et habitués aux longues marches. Le soleil perce enfin à travers les nuages 😎. Nous arrivons au col du Abra Salkantay à 4 629 mètres à 8h42 précises soit un peu moins de 3 heures après notre départ. Le Salkantay nous domine de ses 6 271 mètres. Autour de nous, le paysage est lunaire.

Une fois arrivés au sommet du col, nous marquons une courte pause avant de redescendre. Nous arrivons prés de Huayracpampa (3 860 mètres) et essayons de nous arrêter dans une auberge pour déjeuner mais toutes sont réservées aux personnes ayant booké le trek avec des agences spécialisées. Aucune n’accepte de nous servir. Heureusement que nous avions quelques barres de céréales pour nous redonner des forces. A bon entendeur…

Crédits photos : @StéphaneGounon

Nous continuons le trek en suivant la rivière LLuska Mayu pour nous rendre à Chaullay à 2 915 mètres d’altitude juste avant Collpapampa. Après les paysages caillouteux, nous progressons maintenant dans la forêt amazonienne. La pluie commence à tomber intensément et les chemins deviennent très vite boueux. Heureusement que nous avons nos ponchos imperméables. Le chemin n’en finit pas et il est assez pénible à pratiquer car il y a des cailloux un peu partout et il faut sans cesse éviter de glisser.

Crédits photos : @StéphaneGounon

Nous arrivons à notre deuxième hostel vers 13h45 et avons parcouru 22 kilomètres en 5h40 (6h30 en comptant les pauses soit 2 heures de moins que le temps moyen).🏆 Nous apprendrons plus tard qu’un colombien de 50 ans est décédé d’épuisement pendant l’ascension.

Infos pratiques sur le logement : L’hostel, Samana Wasi Hostel (+51 958 163 200) a été réservé grâce au contact fourni par Noé Garcia, le guide que nous aurons pour faire la vallée sacrée deux jours plus tard. Nous disposons de deux chambres doubles et une triple. Le luxe ! Les sanitaires sont communs et à l’extérieur.


JOUR 3

Nous nous levons avec la pluie qui tombe toujours et n’a pas baissé d’intensité. Nous redoutons que les chemins soient impraticables. Le salkantay a d’ailleurs été fermé tout le mois de mars 2025 en raison de fortes pluies et d’éboulements sur le chemin du trek. Nous avons environ 40 kilomètres à parcourir pour rejoindre Agua Calientes. C’est trop en une journée et décidons de commencer en prenant un colectivo, un van de transport local. Nous devions initialement prendre un van sur 20 kilomètres de Lucmabamba jusqu’à Hidroelectrica mais décidons d’inverser nos plans et de prendre le colectivo de Chaullay à Lucmabamba. La route est vraiment dangereuse. A notre gauche, c’est le précipice et à droite d’énormes blocs de pierres menacent de se détacher à tous moments. L’eau ruisselle de toutes parts. Même notre chauffeur n’est pas du tout rassuré. Au bout de quelques kilomètres, nous devons nous arrêter car un glissement de terrain a emporté une partie de la route et des hommes sont en train de déblayer. Ce tronçon de piste est un des épisodes les plus dangereux de tous nos voyages.

Crédits photos : @StéphaneGounon

Nous arrivons en van au village de Lucmabamba (2 000 mètres) aux alentours de 9h00. Il nous reste 27 kilomètres à parcourir à pied pour arriver à Agua Calientes. Nous avons fait le bon choix car au moment où nous commençons à marcher, la pluie a largement diminué. Les habitants du village nous annoncent 3h00 de montée, 2h00 heures de descente et 10 kilomètres à parcourir le long de la voie de chemin de fer à partir d’hidroelectrica. Nous sommes sur un sentier de montagne en pleine forêt tropicale. Il y a pas mal de brume et cela donne un côté mystique à notre marche. Nous nous arrêtons pour boire un jus d’orange dans une petite cahute sur laquelle se trouve une pancarte : « Inka Andean Starbucks Coffee » 😂. Nous passons par Santa Teresa (1 550 mètres) en longeant toujours la rivière Lluska Mayu. Les dénivelés cumulés sont plus importants que la veille car même si nous montons moins haut nous partons de beaucoup plus bas (dénivelé positif : 1 080 mètres ; dénivelé négatif : 1 032 mètres).

Nous arrivons à Hidroelectrica (1 890 mètres) et faisons une halte pour manger dans un des petits restaurants se trouvant en face de la petite gare. Cela fait du bien mais le plus dur est de repartir. Effectivement, après nous être attablés pendant près d’une heure il est difficile de se remettre debout. Nous reprenons la route et marchons le long des rails menant au village d’Agua Calientes. Le soleil s’est enfin levé et nous progressons toujours en forêt amazonienne. Les dix derniers kilomètres sont plats et nous voyons enfin le bout du tunnel. De l’autre côté de la montagne que nous longeons se trouve le Machu Picchu. Nous arrivons vers 17h15 à Agua Calientes (2 000 mètres). Nous avons parcouru les 27 kilomètres en 5h47 (8h00 avec les pauses). Objectif atteint ! 🙌

Crédits photos : @StéphaneGounon

Prochaine étape ?

PEROU – Etape 4
MACHU PICHU (2 jours)

Les dix hectares de la montagne sacrée s’offrent à nos regards sous un grand soleil. Anaïs a les larmes aux yeux et ne peut plus parler 🥹. Souvenir inoubliable.

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