INDONÉSIE
SUR LES TRACES DES ORANGS-OUTANS
A SUMATRA

Durée sur place (Période) : 3 jours (Juillet 2025).
Dernière mise à jour de l’article : Août 2025.
Durée de lecture de l’article : 15 minutes.
Crédits photos ©️ Stéphane Gounon
Nous arrivons en Indonésie en provenance de Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie (voir notre article) et atterrissons précisément à Medan, sur l’île de Sumatra, après un transit par Jakarta. Anaïs et moi sommes toujours avec nos trois ados : Hugo, Théo et Margaux. Nous avons été rejoints par des amis : Chris, Fred et leurs deux enfants, Heloïse et Jules. Nous sommes donc neuf au total.
Pourquoi un détour par Jakarta ? … parce que les renouvellements des visas indonésiens nécessitent parfois de se présenter au même bureau d’immigration que celui de l’entrée sur le territoire. Nous avons donc préféré retourner à Jakarta qui est mieux desservie que Medan. S’il n’y avait pas eu cette contrainte administrative, il aurait été évidemment plus simple d’aller de Kuala Lumpur à Medan en vol direct.
Nous avons quitté Kuala Lumpur (Malaisie) à 11h00 et sommes arrivés à Jakarta à 12h30. Notre second vol pour Medan était initialement prévu pour 16h30 mais nous avons été prévenus la veille par la compagnie Super Air Jet d’un report de trois heures. Alors que nous patientions gentiment dans l’aéroport, nous apprenons qu’il y aura finalement un retard de sept heures !! 😱 L’attente a été vraiment longue et les enfants ont été très patients. Nous connaissons maintenant l’aéroport de Jakarta par cœur 😂.
A cause de ce retard, nous arrivons à l’aéroport de Medan à 2h00 du matin et un chauffeur de l’équipe de Sumatra Orangutan Explore vient nous chercher en van pour nous dropper à Bukit Lawang. Nous arrivons à 5h30, allons à notre hôtel et préparons en vitesse nos sacs de trek. Nous nous couchons à 6h00 pour nous lever à 7h30. Après une nuit de 1h30, la journée va être dure. 😩
Infos pratiques : Pour réaliser le trek, nous avons choisi le prestataire Sumatra Orangutan Explore (il est interdit de réaliser le trek sans guide). Le prestataire que nous avons choisi propose un trek éthique et durable et nous avons pu notamment le constater au niveau de la gestion des déchets. La planification du trek est grandement facilitée par le fait que c’est Marie, une française mariée à un indonésien, qui répond aux mails. Prix : 3 330 000 IDR / pers. soit environ 175 €. Ce montant inclut : le transfert AR en van de Medan à Bukit Lawang, 3 nuitées (une au village de Bukit Lawang la veille du trek et deux durant le trek), petits déjeuners et repas, l’entrée dans le parc national. Au prix du trek, il faut bien entendu ajouter les transferts en avion pour rejoindre Medan.
JOUR 1
Nous prenons le petit déjeuner à 8h00 au bord de la rivière Bohorok qui traverse Bukit Lawang. Au menu : café, thé, excellents pancakes à la banane, omelettes et jus de fruits (en supplément). Le temps s’annonce très clément. Nous laissons nos gros sacs à dos à la réception de l’hôtel et partons avec nos sacs de trek qui contiennent le strict minimum : nécessaire de toilette (dont dentifrice et savon biodégradables), serviette de bain, pantalon ou short de rechange, tongs et chaussons de baignades, bouteille de 1,5 litre d’eau par personne (elles peuvent être rechargées pendant le trek), maillot de bain, papier toilette, paire de chaussettes hautes de rechange, anti moustiques et crème solaire.


Conseil : Prenez de bonnes chaussures de randonnée et privilégiez un pantalon long en prévention des piqures de moustiques. Pour info, les moustiquaire et les draps sont fournis par le prestataire du trek.
Nous faisons connaissance avec nos trois guides : Jul, Idriss et Amso. Ce sont eux qui vont encadrer notre groupe de neuf personnes : 4 adultes et 5 enfants de 16, 14, 12 et 11 ans. Le feeling avec nos guides est excellent dès les premiers échanges.. Ils sont très prévenants et ont toujours le mot pour rire. Nous devions partir à 9h00 mais avons pris un peu de retard. D’un seul coup, Jul s’écrit : «En avant Guingamp !» .. et nous nous mettons tous en marche. Il est 9h45 et c’est parti pour 8 kilomètres à parcourir en 6 heures environ. Nous remontons la rue principale du charmant village de Bukit-Lawang puis traversons la rivière sur un étroit pont suspendu.


De l’autre côté de la rivière, nous entrons dans le Parc national de Gunung Leuser. L’aventure peut commencer ! Il fait 31 degrés et la chaleur est accentuée par une très forte humidité. Après trente minutes de marche, nous sommes déjà en nage. La forêt est luxuriante et nous rappelle la jungle amazonienne en un peu moins dense. Nos guides nous expliquent tout un tas de choses sur la nature et les animaux sauvages. Nous marchons sous d’immenses hévéas dont la sève coule dans de petits récipients ; elle sera vendue plus tard pour produire du latex. Il y a aussi des dipterocarpes géants, des arbres centenaires qui atteignent 70 mètres de haut. Jul nous montre les arbres à résine qui sont utilisés pour la culture de l’encens. Nous passons sous des arbres gigantesques dont certains ont plus de 300 ans et entendons des cris d’animaux de toutes parts. Nous allons croiser des gibbons à mains blanches, des macaques, peut-être des ours malais… et nous l’espérons des orang-outans !

Petite info pour les stressés : Vous ne verrez pas de grosses d’araignées mais pouvez tomber sur des serpents. Nous n’en avons vu aucun mais il faut quand même rester vigilant. Nous avons vu quelques gros scolopandres à proximité du campement. On trouve aussi des fourmis tisserandes dont la morsure est sans gravité mais peut être douloureuse. N’est-ce pas Théo ?
Règles de bonne conduite avec les singes :
– Ne pas les nourrir.
– Ne pas laisser de déchets au sol car cela leur fait perdre leur instinct de chasse.
– Ne pas les appeler ou chercher à les toucher.
– Rester à plus de dix mètres.
– Ne pas crier.
– Ne pas ouvrir son sac à dos quand ils sont à proximité car ils croiront que vous voulez les nourrir.
– Ne pas les fixer du regard s’ils s’approchent trop de vous.
Comme certaines personnes font le trek à la journée, il y a beaucoup de monde au début du parcours. Cela diminue l’expérience immersive mais nous le savons, il y aura de moins en moins de touristes au fur et à mesure de notre progression. Nous apercevons notre premier orang-outang à 10h30 soit moins d’une heure après notre départ. Il est perché dans un arbre à seulement vingt mètres de nous et passe nonchalamment de branche en branche sans être nullement perturbé par notre présence. C’est vraiment impressionnant de rencontrer « l’homme de la jungle » (traduction littérale du mot orang-outan). Tout le monde reste silencieux et nous n’entendons que le bruit des appareils numériques. Les guides nous rappellent de ne pas rester en dessous des singes en raison des chutes possibles de branchages.

Nous reprenons notre route. Le trek ne présente pas de grosses difficultés mais ça grimpe quand même pas mal à certains endroits… et surtout, » ça glisse, Alice ! » comme dirait notre guide Jul. Prenez de bonnes chaussures de rando. Des cordes à noeuds et des lianes nous aident dans notre progression. Nous pouvons observer pas mal d’animaux : paons, singes gibbons, macaques, faisans et aigles de montagne. Idriss, un de nos guides, nous fait remarquer des craquements de branches qui annoncent généralement la présence de grands singes. Effectivement, c’est notre deuxième orang-outan qui apparaît. A notre grande surprise, celui-ci quitte la cime des arbres et descend au sol à trois mètres de nous. Le face-à-face est impressionnant et chacun fait un pas en arrière. Il s’agit d’un singe dit semi-sauvage qui a eu l’habitude d’être nourri par le passé (pratique aujourd’hui interdite) et qui vient voir si nous avons quelque chose à lui offrir. Comme nous ne lui donnons rien, il repart assez rapidement.

Quelques minutes plus tard, nous croisons une femelle avec son petit. Elle ne le quitte pas des yeux et veille à ce qu’il ne tombe pas. Après l’accouplement, le père quitte la femelle qui va alors élever seule son bébé pendant 6 ans.

À midi, c’est la pause déjeuner. Nos guides nous servent du riz (nature ou frit) et du poulet dans des feuilles de banane. Nous mangeons sur le tronc d’un immense arbre tombé au sol. En guise de dessert, nous avons droit à d’excellents fruits découpés : mangues, ananas, fruits du dragon, bananes, fruits de la passion, pastèques… Un pur délice ! 🍌🥭🍉



Nous reprenons notre marche pour deux heures avant d’arriver au campement et croisons encore pas mal d’orang-outans. À chaque fois, la rencontre est magique. Nous arrivons au campement vers 16h00. Les couchages et les moustiquaires sont installés sous des cabanes en bois qui font face à la rivière Bohorok. Il y a une dizaine de baraquements comprenant chacun deux couchages pour deux personnes. Les matelas sont plus épais que ce que nous imaginions et comble du luxe il y a des oreillers. Évidemment, ni électricité, ni wifi, ni eau courante mais il y a un réservoir d’eau potable pour remplir nos bouteilles. Nous avons comme l’impression d’être au bout du monde… et c’est d’ailleurs un peu le cas. Les toilettes sont situées dans une cabane en bois à une vingtaine de mètres du campement.


Après les efforts de la journée, nous partons nous rafraîchir dans la rivière. L’eau est à 23 degrés mais nous paraît très fraîche Vers 17h00, les guides allument un feu et nous amènent du thé, du café et quelques biscuits sucrés. Il y a même des bières qui nous attendent au frais… dans la rivière.

Après le goûter, nous partons nous laver dans la rivière… avec du savon écologique bien entendu. Nous dinons à 19h00 précises. Le soleil vient de se coucher. Nous sommes assis en tailleur et mangeons sur une nappe à même le sol à la lumière des bougies. C’est un repas copieux et sain : tomates, concombres, curry de légumes, tofu, poulet… et les incontournables chips de crevettes. Nous nous couchons de bonne heure et passons une excellente nuit sans avoir eu froid (pas la peine de se charger de vêtements chauds).
JOUR 2
Nous nous levons à 7h30, prenons le petit-déjeuner et levons le camp vers 9h00 avec nos sacs à dos car nous passerons la nuit prochaine dans un autre campement. De l’autre coté de la rivière, des singes attendent que nous partions pour chercher les restes de nos repas. Il y en a même un qui s’aventure sur les toits de nos cahuttes avant que nous ne partions. Durant notre marche, nous croisons deux ou trois Siamang noirs, des singes de la famille des gibbons. 🐒 Leurs cris sont assourdissants. Il y a beaucoup moins de monde que la veille et c’est bien plus agréable. Nous aurons la chance durant cette journée de voir pas mal d’orang-outans. Peut-être une dizaine. Vers 11h00 nous nous arrêtons pour manger des fruits et à midi nous prenons le repas. On ne peut pas dire que nous soyons morts de faim. 😂

Nous reprenons notre progression dans la forêt et arrivons au deuxième campement vers 17h30. Nous avons parcouru 6 kilomètres. Avec ses cahuttes en bois, le deuxième campement ressemble au premier mais la rivière Bohorok a ici un débit plus important. Elle fait le bruit d’un train de marchandises. Les enfants plongent dans les remous et s’amusent à se laisser porter par les flots.

L’heure du dîner arrive avec le coucher de soleil. Au menu : omelettes de nouilles, beignets de pommes de terre, frites de patate douces, curry de citrouille avec des épinards, des concombres et des tomates. Nous nous couchons encore une fois de bonne heure. La rivière située à vingt mètres fait un bruit assourdissant qui nous bercera.

JOUR 3
Après le petit-déjeuner, nous partons faire une petite virée de deux heures en direction de la cascade de la rivière Landak et nous nous y baignons. Les guides s’improvisent artistes et utilisent des roches pour réaliser des « oeuvres d’art » sur nos dos. Les enfants sont fans.


Nous revenons au campement pour prendre notre repas puis partons descendre la rivière en tubing ; c’est comme le rafting mais sur de grosses chambres à air de tracteurs. Il n’y a pas trop d’eau et la descente est très tranquille. Au moment de quitter le camp, un ourang-outan fait son apparition dans des arbres juste au-dessus des baraquements. Comme pour nous dire adieu…
Nous mettons un peu moins d’une heure pour rejoindre notre point de départ, le village de Bukit Lawang. Nous prenons un verre au bord de la rivière en attendant que notre van nous ramène à Medan où nous passons une nuit avant de décoller pour Yogyakarta. Nos sourires en disent long sur les trois jours extraordinaires que nous venons de passer en connexion totale avec la nature, loin de toute civilisation.

Prochaine étape : Ile de Java.

INDONESIE – JAVA (Etape 2)
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