ILE DE JAVA
L’ASCENSION DU VOLCAN KAWAH IJEN

Le lac acide du cratère du Kawah Ijen (©️StéphaneGounon)

Durée sur place (Période) : 1 jour (Juillet 2025).
Dernière mise à jour de l’article : Septembre 2025.
Temps de lecture de l’article : 7 minutes.

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Nous sommes toujours sur l’île de Java mais avons quitté Tosari, où nous avons fait l’ascension du volcan Bromo (voir notre article), pour rejoindre Banyuwangi, le point de départ pour le volcan Kawah Ijen. La route la plus simple est de redescendre vers Pasuruan (côte nord), de prendre la nationale 1 (Jalan Pantura) en direction de Probolinggo, de continuer en direction de Situbondo puis de longer la côte nord-est jusqu’à Banyuwangui. Nous avons parcouru 320 kilomètres en taxi mais il vaut mieux apprécier la distance en heures plutôt qu’en kilomètres car la route est très fréquentée et il est difficile de doubler. Résultat ? Nous mettons 9h00 pour arriver à destination au lieu des 7 initialement prévues 😳. C’est long. Très long. Il est 21h00 lorsque nous arrivons enfin à Banyuwangi. Nous sommes avec nos trois enfants – Hugo (16 ans), Théo (14 ans) et Margaux (12 ans) – qui tiennent le coup.

Conseil : Nous aurions clairement du prendre le train. C’est un peu plus rapide mais surtout plus confortable, moins cher et moins dangereux. Nous aurions alors du aller en voiture de Tosari à la gare de Probolinggo (1h30 à 2h00) puis prendre le train jusqu’à Banyuwangi (6 à 7h00).

Infos pratiques sur l’excursion au Kawah Ijen : Nous avons booké l’excursion via notre hôtel (Hôtel NDALEM MATARAM). Prix : 425 000 Rp / pers. y compris pour les enfants). Comme un certificat médical est exigé pour se rendre au Mont Ijen, nous nous sommes rendus la veille dans une clinique privée pour en obtenir un. Ce n’était pas nécessaire de s’embêter car le chauffeur du prestataire nous a arrêté chez un médecin sur le trajet aller (Prix du certificat : entre 35 et 40 000 Rp /pers.).

Après avoir dormi seulement deux heures, nous nous réveillons à minuit et partons 30 minutes plus tard dans un van d’une dizaine de personnes. Le chauffeur fait une halte dans un cabinet médical où un médecin nous délivre nos certificats médicaux après un examen sommaire.

Important : L’ascension du Kawah Ijen est interdite au moins de 8 ans. 

Il faut compter environ une heure pour arriver à Pos Paltuding, le point de départ de la randonnée vers le Kawah Ijen. Notre prestataire nous fait un rapide briefing en anglais sur les règles de sécurité puis nous donne à chacun une bouteille d’eau, un masque anti-gaz pour ne pas inhaler les vapeurs de soufre, une lampe frontale et des lunettes de protection (facultatives) pour lesquelles il faut payer un supplément de 25 000 roupies. Nous avons pris des encas en cas de petite fringale. Nous nous mettons en marche vers 2h30. Le chemin n’est pas difficile mais il faut marcher dans l’obscurité sur 3 kilomètres avec un dénivelé positif de 600 mètres. Le chemin est assez raide au début puis s’adoucit vers la fin et il faut prendre garde car le sol est glissant et caillouteux (pensez à prendre de bonnes chaussures). La température est de 5°C et nous avons bien fait de prendre des vêtements chauds. Nous mettons 45 minutes pour arriver au sommet du volcan mais c’est évidemment selon la condition physique de chacun (la durée de l’ascension est habituellement estimée de 1h30 à 2h00). Il y a vraiment beaucoup de monde et l’expérience immersive en est quelque peu altérée. Nous sommes aux coudes à coudes. Certains touristes ont le culot de se faire transporter dans de petits chariots à roulettes tirés par de malheureux porteurs. C’est grotesque ! 😒 Tout au long de l’ascension, les gens pressent le pas car les fameuses « flammes bleues » ne sont plus visibles quand le jour se lève. De quoi s’agit-il ? Au fond du cratère, des fissures laissent échapper du souffre gazeux à très haute température (600 degrés) qui s’enflamme spontanément au contact de l’air et produit des flammes bleues. On ne peut voir ces flammes que de nuit. C’est un phénomène très rare que l’on peut observer en Éthiopie, au Japon et en Islande mais à bien moins grande échelle.

La silhouette de Hugo en bas de l’image permet de se rendre compte de la dimension des lieux (©StéphaneGounon)

Une fois arrivé au sommet à 2 799 mètres, il faut marcher 10 minutes sur la crête du volcan avant d’engager la descente dans le cratère… toujours dans l’obscurité. Il y a une telle foule que l’étroit sentier ne suffit pas à absorber le flot de touristes. On se croirait dans une gare en période de très forte affluence et cela en devient presque risible. Au fur et à mesure que nous descendons, l’odeur du souffre se fait de plus en plus sentir. Le chemin est raide et caillouteux et plusieurs personnes tombent autour de nous. Nous croisons des porteurs qui remontent du souffre. Il y en a 300 qui travaillent ici dans des conditions extrêmes. Chacun porte de 70 à 90 kilos de souffre dans deux paniers en osier reliés par un bâton posé sur leur nuque. Pour 5 à 6 €, chaque travailleur fait deux à trois aller-retour par jour. Ils travaillent sans masque et leur poumon sont vite détruits par les vapeurs de souffre. L’espérance de vie n’est que de 45 ans. Certains vendent des statuettes sculptées dans le souffre.

Malgré le monde le spectacle est grandiose… (©️Stéphane Gounon)

Quand nous arrivons en bas du cratère, c’est une cohue indescriptible pour voir les flammes bleues qui se consument. Malgré les masques, les fumées chaudes et soufrées sont suffocantes et il n’est pas toujours possible de s’en éloigner à cause de la foule. Franchement, le phénomène n’est pas si extraordinaire que cela.

Ce qui selon nous est bien plus beau que les flammes bleues, c’est de découvrir le lac acide quand le jour se lève. Sa couleur turquoise, qui vient de sa très forte concentration en soufre, en chlorure et en métaux lourds, contraste de manière incroyable avec le jaune vif des fumées du volcan. Le paysage est mystique. On se croirait vraiment sur une autre planète quand le soleil apparaît à travers les vapeurs du cratère. Nous restons là une heure environ à contempler cet immense lac d’un kilomètre de diamètre, le plus grand lac acide de la planète. Anaïs aura le malheur de mettre le pied dans l’eau et sa basket n’y résistera pas.

Le jour se lève sur le plus grand lac acide du monde (©StéphaneGounon)

Conseil : Il y a tellement de monde pour voir les flammes bleues que c’est à se demander s’il ne faut pas faire l’impasse et descendre dans le cratère quand le jour se lève et que tout le monde quitte les lieux. Vous serez ainsi bien moins nombreux à pouvoir contempler le lac acide.

Nous remontons vers le sommet du cratère puis redescendons les trois kilomètres qui nous séparent de Pos Paltuding, notre point de départ. La descente met les genoux à forte épreuve. Une fois en bas, on nous offre du café et d’excellents beignets à la banane. Nous regagnons le van vers 8h00 et mettons une heure pour rejoindre l’hôtel. Juste le temps de récupérer nos bagages et nous partons vers l’île de Nusa Lembongan.


BILAN SUR LE KAWAH IJEN

Ce que nous avons aimé :
– Beauté incomparable du lac acide quand le jour se lève.
– Beignets à la banane servis par l’organisateur de la randonnée (lol).

Ce que nous avons moins aimé :
– Bien trop de monde pour profiter sereinement de la beauté des lieux.
– Au fond du cratère, l’air est très chargé en dioxyde de soufre et cela n’est évidemment pas bon pour les poumons (risques d’irritation). Pas certain que les masques anti-gaz soient vraiment efficaces.


NOS ADRESSES

Où dormir ?
Hôtel NDALEM MATARAM
Etablissement situé à Banyuwangi à 14km de l’aéroport international – Piscine extérieure – Beau jardin et salon commun – Chaque hébergement individuel est doté d’une terrasse. Les chambres sont très spacieuses et bien équipées – Service de location de voitures disponible sur place.

Où manger et boire un verre ?
OSING DELES : Restaurant situé juste à côté de l’hôtel Ndalem Mataram.


Prochaine étape ? L’île de Nusa Lembogan.

INDONESIENUSA LEMBONGAN (Etape 5)
Des plages de Nusa Lembongan aux champs d’algues vertes de Nusa Ceningan

Nusa Lombongan offre de jolis paysages mais les plages sont souvent très fréquentées et la baignade y est rendue difficile par les vagues et les courants. L’île offre une diversité de paysages entre plages, mangroves, forêt tropicale et falaises mais l’ensemble est moins varié que sur d’autres îles. Côté plongée, les fonds sont moins spectaculaires que l’on peut espérer. Ce n’est pas l’île que nous avons préféré mais nous avons pu profiter de la sérénité qui s’en dégage.

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