INDONÉSIE
Voyage au coeur des karsts de Ramang-Ramang
dans le Sulawesi Sud

Durée sur place (Période) : 1 jour (Août 2025).
Dernière mise à jour de l’article : Février. 2026.
Temps de lecture : 8 minutes.
Crédits photos : ©️ Stéphane Gounon
Nous sommes restés neuf jours dans le Sulawesi Sud, une province connue pour sa richesse culturelle et la beauté sauvage de ses paysages. Il faut prévoir du temps car les distances sont longues et les routes particulièrement sinueuses. Contrairement à Bali ou à Java, nous n’avons croisé ici que très peu de touristes. C’est un territoire authentique et préservé. Avant d’aller à la rencontre des torajas, le peuple qui vit avec les morts (voir notre article), nous avons passé un jour et une nuit à Ramang-Ramang. Entre la visite du site préhistorique de Situs Karama, la randonnée au lac des anges, la visite du village de Berua et du site de Stone Fields, le programme était riche.
Comment se rendre à Ramang-Ramang ?
Nous quittons Bali (voir notre article) et atterrissons à 23h00 à Makassar, la capitale du Sulawesi Sud.
✈️ Durée du vol : 1h30 avec la compagnie Citylink.
A la sortie de l’aéroport international de Makassar, nous prenons un TaxiGrab qui nous dépose en 30 minutes dans la petite localité de Ramang-Ramang.
Où se loger ?
C’est un Homestay que l’on vous conseille si vous avez l’âme d’un backpacker : pas de wifi, pas d’eau chaude, pas de plafond dans les chambres et une salle de bain commune propre mais vraiment très spartiate (Prix : 15 € la chambre double avec petits déjeuners). Nous sommes logés chez l’habitant dans une petite maison de trois chambres construite sur pilotis. Les murs sont faits de planches sommairement ajustées et le toit est en tôle ondulée. Le couple qui nous accueille est très gentil et vit là très modestement. Comme toujours, Anaïs et moi avons trouvé plutôt sympa cette ambiance du bout du monde mais Hugo (16 ans), Théo (14 ans) et Margaux (12 ans) étaient moins enthousiastes : « Ce n’est que pour une nuit les enfants » 😌.

Nous nous levons vers 9h00 et prenons un petit déjeuner très simple sur la terrasse en bois de notre Homestay : thé, café et pancakes. Il fait très beau et nous nous sentons privilégiés de découvrir une localité si reculée et authentique. Devant notre logement, comme devant la plupart des habitations de la région, se trouve un étang servant à la fois à irriguer les cultures, à élever les poissons et à rafraîchir les abords de la maison. Nous sommes en août et c’est la saison sèche. Il fait déjà 31 degrés. 🥵
1°) Le site préhistorique de Situs Karama
Nous partons à pied vers 11h00 en direction du site préhistorique de Situs Karama. Nous progressons dans des rizières au milieu d’un paysage karstique gigantesque dont les roches calcaires solubles ont été façonnées pendant des milliers d’années sous l’action de la pluie. Autour de nous, ce ne sont que pitons abrupts, falaises et gouffres formés par l’effondrement de cavités souterraines. Cet endroit incroyable est le troisième plus grand paysage karstique du monde après le site de la « Forêt de pierres » en Chine et celui de Phong Nha au Vietnam. Nous passons devant de très modestes maisons où les gens vivent reculés de tout. Comme à chaque fois, ils nous saluent gentiment et les enfants font un bout de chemin avec nous. Ils doivent se demander ce que nous faisons là car il y a très peu de touristes 😳.



Il faut une heure sans se presser pour arriver sur le site préhistorique qui est constitué de 16 grottes nichées dans la montagne et dont la plupart sont inaccessibles. On peut accéder à l’une d’entre elles très facilement en grimpant un sentier d’une vingtaine de mètres. On vous conseille vraiment de le faire car en cherchant un peu vous verrez deux traces de mains peintes au pochoir et vieilles de 45 000 ans. Quelle surprise ! Comme dans les grottes de Lascau en Dordogne, elles ont été obtenues en soufflant de l’ocre rouge sur une main posée sur la parois. C’est assez incroyable de voir une peinture rupestre d’une telle valeur sans aucune protection.



Infos pratiques sur le site préhistorique : Accès gratuit. Ne partez pas comme nous en tongs car il faut traverser des rizières et quelques petits marécages. Faites attention, si vous voulez accéder aux grottes car le site n’est pas sécurisé. Pensez à télécharger l’application maps.me avant de partir car l’itinéraire est plutôt mal indiqué.
2°) Le lac des anges
Après le site de Situs Karama, nous nous dirigeons vers Telaga Bidadari, le lac des anges. Nous avons un peu de mal à trouver le spot car l’itinéraire est mal indiqué. Nous mettons 40 minutes pour y arriver en passant sur d’incertains ponts en bambous et par de petits tunnels rocheux. Petite déception en arrivant à destination car il ne s’agit pas d’un lac mais plutôt d’un tout petit étang niché au creux de parois calcaires de cinq mètres de haut. Nous y trempons les pieds pour nous rafraîchir mais ne nous y baignons pas car Margaux et moi gardons en mémoire la mauvaise expérience d’avoir été infectés par des bactéries en nous baignant dans des eaux douces stagnantes aux Philippines. Même si le site n’est pas exceptionnel, aucun regret d’être allé au lac des anges car la balade est vraiment sympa et c’est le type d’endroit isolé et confidentiel que nous aimons.

Nous nous arrêtons vers 14h00 pour manger au Karst Café. L’établissement se trouve à côté de l’embarcadère et propose des plats traditionnels à petits prix.

3°) Le village de Berua
Nous prenons une petite barque en bois pour nous rendre au village de Berua (Prix : 200 000 Rp pour une embarcation de quatre places ; 250 000 pour un bateau de huit places). Ce village n’est accessible que par les eaux. Nous naviguons sur la rivière Pute dans une mangrove de palmiers et arrivons au bout de 30 minutes au village de Berua (Prix d’entrée : 15 000 Rp /pers.).


Il ne s’agit pas d’un village à proprement parler mais de maisons dispersées sur une vaste étendue plate entourée de falaises immenses. C’était l’emplacement d’un lac il y a des milliers d’années. Nous marchons sur des passerelles en bois bringuebalantes et une latte cède sous les pas de Hugo. Watch your steps ! Il n’y a vraiment personne et notre présence a réveillé un varan 🦎 de plus d’un mètre qui a eu autant peur que nous. Les maisons sur pilotis sont en bois ou en bambous et leurs toits sont en feuilles de palmiers. Les gens vivent ici de la pêche et de la culture du riz. Ils nous regardent avec gentillesse.


4°) Stone Filed
Nous reprenons le bateau pour nous rendre à Stone Field. Nous sommes toujours sur la rivière Pute mais entourés cette fois-ci d’imposantes formations karstiques. Une fois arrivés à l’embarcadère de Stone Fields, un vieil homme nous réclame 20 000 roupies pour accéder au site et nous lui donnons sans trop nous interroger sur le bien-fondé de sa demande. Il faut une heure environ pour se balader sur le site où se trouvent d’impressionnantes roches karstiques.


Notre petit tour est terminé et notre bateau nous ramène à notre point de départ. Une fois à terre, nous partons à pied vers le Café Puncak, un petit bar perché sur un immense rocher et d’où l’on a une vue superbe sur les environs. On nous avait informé qu’à 18h30 précises, des nuées de chauves-souris quittent les cavités des falaises. Nous avons en effet assisté à un spectacle unique. A l’heure dite, ce sont effectivement des dizaines de milliers de chauves-souries qui nous ont survolé en formant d’interminables nuées. Le spectacle a duré plus de 30 minutes. Le soir venu, nous sommes restés manger dans ce petit établissement.

Départ pour Rantepao pour rencontrer le peuple Toraja
C’est vers 22h00 que nous quittons Ramang en direction des terres du peuple Toraja. Le voyage en bus de nuit va durer 8 heures. Une expérience humaine exceptionnelle nous attend.
Prochaine étape ? Rencontre avec le peuple Toraja dans le Sulawesi Sud.

INDONÉSIE – SULAWESI SUD (Etape 10)
Rencontre incroyable avec le peuple Toraja
Nous sommes toujours dans le Sulawesi Sud mais cette fois sur les terres du peuple Toraja, le peuple qui vit avec la mort. Entre cérémonies funéraires et sacrifices d’animaux, nous entrons dans un univers où les montagnes sacrées, les maisons tongkonan et les rituels ancestraux racontent un rapport à la mort d’une rare humanité.
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A l’aube, une marche dans la nuit noire mène au cœur d’un autre monde. Nous croisons les silhouettes des porteurs de souffre et descendons dans le cratère du Kawah Ijen pour voir les flammes bleues du souffre qui se consume. Nous progressons sur un étroit chemin. Quand le jour se lève, le cratère dévoile une immensité turquoise, le lac le plus acide du monde. La randonnée est inoubliable mais le flot de touristes nuit à l’expérience immersive.

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